‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 318 sur 347 · LIVRE XXÏI. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXÏI. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

MM. Béer et Mœdler dans l'éclipsé de Lune du 28 décembre 1833. Ce phénomène trouve son explication dans ce fait bien connu des physiciens, que toute lumière blanche comparativement faible, placée à côté d'un rouge intense, paraît par voie de contraste être d'un bleu prononcé.

Le cône dans lequel la Lune pénètre quand elle cesse d'être visible , devant avoir pour axe la Ugne passant par le centre du Soleil et le centre de la Terre, il semble impossible que la Lune éclipsée se voie jamais au-dessus de l'horizon en même temps que le Soleil.

Cléomède disait déjà qu'une telle observation mentionnée par des auteurs plus anciens que lui était un conte fait à plaisir pour embarrasser les astronomes^

Cependant il est certain que, dans l'éclipsé du 16 juin 1666, observée en Toscane, la Lune se leva éclipsée, le Soleil étant encore au-dessus de l'horizon occidental , ce qui semblait impliquer que les deux astres n'étaient pas diamétralement opposés relativement au centre de la Terre. On peut citer encore l'éclipsé observée à Montmartre, le 26 mai 1668, par les membres de l'Académie des sciences, où les mêmes circonstances se reproduisirent.

Le phénomène n'est en désaccord avec la théorie des éclipses qu'en apparence.

La réfraction atmosphérique fait que le Soleil et la Lune se montrent dans des places qu'ils n'occupent pas en réalité. La réfraction hâte le lever de la Lune et retarde le coucher du Soleil.

Quoique dans les deux cas que nous venons de citer

Ie3 deqx astres fussent coupbés Tun et Tautre, les f^ayoqs lumineux, partis des divers points de leqr di^qye, arrivaient à Tœil de Tobservateur en suivant dan^ Tatmosphère une rçtute curviligne.

En prenant dans les tables (l^v. xx, çhap. xiv, p. 195), la valeur de la réfraction atmosphérique horizontale , on explique le phénomène de Tapp^rition simultanée des detpç astres, en 1606 et en 1668, jusqife dans les plus petits détails numériqqes.

Depuis le conomencement d'une éclipse jusqi^'à la fin, Tombre parait avoir sur le disque de la Lune une fqrme circulaire. Cette remarque fut faite pair les plus anciens observateurs.

Manilius, qui vivait vers Tan 10 de notr^ è^e, apporte ep preuve de la rondeur de la Terre la fornae de son pmbre durapt les éclipses de Lune; car l'ombre doit toujours ressembler plus ou moins au corps opaque -qui en est la cause, surtout lorsque le corps lumineux qui réclaire s^ de petites dimensions.

Cléomède, qui vivait sous Auguste, av^it fait la même remarque.

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