LIVRE XXII. — ÉCLIPSÉS ET OCCOLTATIONS
s'affàibtisfiânt jusqu'au bord extérieur^ où ta teinte psrâis* sait entièrement blanche.
La couronne de 1778, dit Tamiral est)agnoU était à peu près également brillante dans toute sa largeur. Elle se montra cinq ou six secondes après Timmersion totale du Soleil; elle disparut quatre ou cinq secondes avant que le bord de cet astre émergeât de dessous le disque obscur de la Lune. De la couronne lunaire partaient çà et là des rayons lumineux perceptibles jusqu'à des dis* tances égales au diamètre angulaire de iiotre satellite, tantôt plus, tantôt moins. Le tout « semblait avoir un mouvement rapide circulaire, pareil à celui d'uri artifice embrasé, mis en jeu sur son centre ! » Le point de départ des rayons lumineux est indiqué d'une manière trop vague pour l'expression de la couronne lunaire. Don Antonio de Ulloa voulait-il dire que les rayons partaient du bord extérieur de la couronne? Cette question est importante; la figure de cette éclipse (fig. 801, p. 608) ne donne peut-être pas un moyen suffisant de la décider.
L'éclipsé totale de 1806 fut observée, en Amérique, par Bowditch et Ferrer. Dans son ménîoire, Bowditch dit seulement que là Lune se montra entourée d'un anneau de lumière très-élendu. Ferrer est net et explicite. L'anneau paraissait avoir le même centre que le Soleil, sa largeur s'élevait à six minutes; sa nuance était le blanc de perle. 11 partait des bords de l'anneau des rayons qui s'étendaient jusqu'à trois degrés de distance. C'est, comme on voit, la gloire signalée par Louviile et Ulloa, mais sur une plus grande échelle. Encore ici, pour savoir la signification du mot bords^ desquels partaient les rayons
lumineux , il faut recourir à la figure que Ferrer a donnée de réclipse (fig. 302, p. 608).
Venons aux observations de 18&2. La couronne luinineuse dont il vient d*être question , se montra , pendant réclipse du 8 juillet, dans toute sa splendeur. Elle se composait d*une zone circulaire contiguë au bord obscur de la Lune et d'une seconde moins vive, contiguë à la première. La lumière de cette seconde zone ou enveloppe allait en s*affaiblissant graduellement de Tintérieur à Tcxtérieur. Celle de la première était à peu près uniforme.
Dans la direction de la ligne qui joignait le point du disque solaire où F éclipse commença et celui où elle devait finir, il y avait deux vastes aigrettes qu'on pouvait considérer comme des expansions de la seconde couronne lumineuse. Ces aigrettes étaient terminées latéralement par des courbes concaves vers l'extérieur ; ces courbes semblaient être des paraboles dont les sommets , si elles avaient été prolongées, auraient été tangents au bord de la Lune. En examinant l'auréole à l'œil nu, je vis distinctement un peu à gauche de la verticale, passant par le point le plus élevé de la Lune, une large tache lumineuse formée de jets entrelacés. Je donnerai une idée assez exacte de cette apparence insolite, en la comparant à un écheveau de fil en désordre, à un écheveau emmêlé.
M. l'abbé Peytal, de Montpellier, examina avec une attention particulière les traits lumineux dont se composait la couronne, surtout vers la gauche ; ces traits paraissaient contournés, dit-il, comme un paquet de filasse de chanvre. Suivant la figure que M. Peytal a tracée, l'en-