LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
- semble de ces traits était presque parallèle au limbe de
la Lune.
^ En France , les aigrettes furent vues presque partout
'■^ avec des formes dissemblables; mais, chose singulière,
^ : M. Airy, placé à la Superga, près de Turin, et M. Baily
^ à Pavîe, n'en aperçurent point de traces, ou du moins
t: n'en parlent pas. Ajoutons que non loin de là, à Milan,
e: l'existence des aigrettes fut constatée.
:: Les rayons divergents qui firent assimiler la couronne
ï: avec tous ses accessoires aux gloires dont les peintres
entourent la tête des saints, furent aperçus à Perpignan
::: (fig. 303, p. 608); ces rayons partaient du contour exté-
i : rieur de la première zone circulaire de la couronne, et ne
ji se prolongeaient pas jusqu'au bord obscur de la Lune. Ce
', fait est capital au point de vue de la théorie.
c: J'avais conçu l'espoir que les astronomes parvien-
;/ draient à décider, en 18/i2, si la couronne lumineuse était
r; centrée sur le Soleil ou sur la Lune. On a vu qu'à ce
i; sujet les observations de Halley, de Louville, de Maraldi,
: de Ferrer, étaient contradictoires; malheureusement,
dans les circonstances de l'éclipsé de 18/i2, îcs observa-
: tions propres à décider la question ne purent pas être
: faites avec la rigueur nécessaire, en sorte que la ques-
; tien, jusqu'à un certain point, reste encore indécise.
Le mouvement giratoire signçilé d'abord par Ulloa et
qui fit assimiler la couronne avec tous ses rayons à un
soleil d'artifice et rotatif ne fut pas aperçu à Perpignan.
On vit, à ce qu'il paraît, quelque chose d'analogue dans
diverses stations. M. Lenthéric dit qu'à Montpellier, la
couronne parut à quelques personnes avoir un mouve-
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ment circulaire analogue à celui d'un artifice embrasé mis en jeu sur un cercle. Mais on doit remarquer que des personnes peu exercées aux observations astronomiques croient apercevoir un pareil mouvement de rotation dans le Soleil levant ou dans le Soleil cquchant, quoique rien de semblable n'existe réellement. Suivant M. Baily les rayons lumineuj?: que formait la couronne semblaient voltiger vivement comme ceiix d'une flamme de gaz. Â Lipesk en Russie , disent MM. Otto Struve et Schidiofsky, l'aspect de 1^ couronne variait sans cesse, elle paraissait dans un état d'agitation violent.
Dans l'éclipsé totale de 1^0, observée à Honolulu aux îles Sandwich, par % Kutczycki, la couronne se montra complètement irrégulière ; elle avait l'aspect d'un astre à plusieurs branches inégalement espacées et de différentes longueurs. Elle était plus lumineuse yers ks bords de la l<une, mais elle n'offrait, ni dans son ensemble, ni dans aucune de ses parties, la trace d'un limbe, rond ou arrondi formant anneau autour des deu^ astres. Sa lumière décroissait très -uniformément sans présenter, à l'inverse de ce qui avait été si nettement observé à Perpignan en i8/i2, aucune variation brusque appréciable.
Il n'était dope pas possible de déterminer sur lequel des deux astres elle était ceptrée. La couronne était striée dans la direction normale au bord de la Lune, par plusieurs lignes ou traits plus noirs que le reste, qui existaient partout, mais en plus grand nombre sur la partie occidentale du bord lunaire. Le tout était parfaitement immobile et ne rçssejoblait en rien h une pièce