‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 44 sur 347 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

tagnes de la Saxe, de la Côte-d'Or et du Forez; une, le calcaire du Jura ou oolithique, s'y montre seule relevée. Donc TErzgebirge, la Côte-d'Or et le mont Pilas du Forez sont sortis du globe après la formation du calcaire oolithique, et avant la formation des trois autres terrains de sédiment.

Sur les pentes des Pyrénées et des Apennins, il y a deux terrains relevés, savoir, le calcaire oolithique et le terrain grès vert et craie ; le terrain tertiaire et le terrain d'alluvion qui le recouvre ont conservé leur horizontalité primitive. Les montagnes des Pyrénées et des Apennins sont donc plus modernes que le calcaire du Jura et le grès vert qu'elles ont soulevés, et plus anciennes que le terrain tertiaire et celui d'alluvion.

Les Alpes occidentales (entre autres, le Mont-Blanc) ont soulevé, comme les Pyrénées, le calcaire oolithique et le grès vert, mais de plus le terrain tertiaire ; le terrain d'alluvion est seul horizontal dans le voisinage de ces montagnes. La date de la sortie du Mont-Blanc doit donc être inévitablement placée entre l'époque de la formation du terrain tertiaire et celle du terrain d'alluvion.

Enfin , sur les flancs du système dont le Venteux fait partie., aucune des espèces de terrain de sédiment n'est horizontale; toutes les quatre sont relevées. Quand le Ventoux a surgi, le terrain d'alluvion lui-même s'était donc déjà déposé.

En commençant ce chapitre, j'avais annoncé, quelque singulier que cela dût paraître, qu'on était arrivé à déterminer l'ancienneté relative des différentes chaînes de montagnes européennes ; on voit maintenant que les obser- A. — ni. 6

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valions de M. de Beaumont ont même conduit plus loin, puisque nous avons pu comparer l'âge de la formation des montagnes à celui de la production des divers terrains de sédiment.

J'ai appelé précédemment l'attention du lecteur sur les causes inconnues , mais nécessaires , qui ont amené des variations si tranchées dans la nature des dépôts formés par les eaux à la surface du globe terrestre. Le travail de M. de Beaumont permet d'ajouter à tout ce qu'on avait pu conjecturer sur la nature de ces révolutions , quelques notions positives que voici :

Les terrains de sédiment semblent , par leur nature et par la disposition régulière de leurs couches , avoir été déposés dans des temps de tranquillité. Chacun de ces terrains se trouvant caractérisé par un système particulier d'êtres organisés, végétaux et animaux, il était indispensable de supposer qu'entre les époques de tranquillité correspondantes à la précipitation de deux de ces terrains superposés, il y avait eu sur le globe une grande révolution physique. Nous savons maintenant que ces révolutions ont consisté, ou du moins ont été caractérisées par le soulèvement d'un système de montagnes. Les deux premiers soulèvements que nous avons signalés plus haut d'après M. de Beaumont n'étant pas, à beaucoup près, les plus considérables dans les quatre que nous avons classés, on voit qu'on ne pourrait point dire qu'en vieillissant le globe devient moins propre à éprouver ce genre de catastrophes, et que l'époque actuelle de tranquillité ne se terminera pas, comme les précédentes, par la sortie subite de quelque immense chaîne.

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