‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 61 sur 347 · LIVRE XX. — LA TERHE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERHE

toujours le temps de céder à son action avant qu'elle se transporte dans une région où la force qui en émane sera tout autrement dirigée. Il n'en était pas de même de la comète de 1680. Près de la Terre , son mouvement angulaire apparent à travers les constellations devait être extrêmement rapide. En peu de minutes elle correspondait à une nombreuse série de points situés sur des méridiens terrestres fort éloignés les uns des autres^. Quant à sa distance rectiligne à la Terre , eHe put être très- petite, sans doute, mais seulement pendant quelques

1. Je n^aurai pas besoin d'admettre, avec Whîston, qu'une comète est à trois ou quatre mille lieues de la Terre seulement, pour montrer qu'elle peut avoir un mouvement angulaire extrêmement rapide. Je la supposerai à la distance moyenne de la Lune, dans le plan de récliptique, en opposition avec le Soleil et marchant de Test à Touest ou dans le sens rétrograde. Eh bien , dans ce cas on trouve que son mouvement,

En une heure, serait de 38" Zil'

En deux heures, de 70 9

En trois heures, de 92 58

Lacaille avait donné des nombres beaucoup plus considérables ; mais il s'était glissé dans son calcul une erreur de chiffre que M. Olbers a reconnue et rectifiée. Au reste, ces résultats, tels qu'ils sont, paraîtront encore énormes, lorsqu'on verra que la Lune, celui de tous les astres de notre système qui se meut avec le plus ^ de vitesse, ne parcourt guère que IS** en 24 heures.

La réunion de circonstances que j'ai admises, dQit se présenter trop rarement pour qu'il faille s'attendre à observer communément l'excessive vitesse dont je viens de transcrire la valeur, et qui donnerait aux comètes l'aspect de véritables météores atmosphériques. Jusqu'ici celui de ces astres dont la marche a été la plus remarquable, est la comète de 1472 (n" 26 du catalogue, liv. xvii, ch. x, t n, p. 301) : elle parcourut 12'' en 24 heures, suivant les observations de Régiomontanus.

instants très- courts *. L'ensemble de ces circonstances était extrêmement peu favorable à la production d'une grande marée.

Je sens bien que pour affaiblir ces difficultés, il suffirait de grossir la comète, de faire sa masse trente ou quarante fois plus considérable que celle de la Lune ; mais je réponds qu'on n'a pas cette latitude pour la comète de 1680. En effet , dans cette année , le 21 novembre , elle passa près de la Terre; il est démontré qu'à l'époque du déluge sa distance n'était pas moindre ; or on sait qu'en 1680 elle ne produisit ni cataractes célestes, ni marées intérieures, ni rupture du grand abîme ; que sa queue, que sa chevelure ne nous inondèrent point ; et comme personne ne supposera que le même astre qui de nos jours n'a engendré sur le globe aucune révolution sensible, ait anciennement tout bouleversé, quoiqu'il fût plus éloigné , nous pourrons dire avec confiance que la théorie de Whiston est un simple roman , à moins qu'abandonnant la comète de 1680, on ne prétende attribuer le

même rôle à un autre astre de cette espèce , beaucoup plus considérable.

1. Lorsqu'une comète parcourant une ellipse très-allongée est ^ parvenue à une distance du Soleil égale à la distance moyenne de la Terre au même astre, sa vitesse surpasse celle de la Terre, dans le rapport de |/'2 à 1 ou de 141 à 100. Ainsi, la Terre et une comète viendraient presque à se rencontrer, leurs mouvements s'effectueraient même suivant une direction commune, que la différence de vitesse amènerait bientôt une séparation considérable des deux corps. Duséjour a trouvé que, dans les circonstances les plus favorables, une comète ne pourrait pas être pendant plus de 2** 82' à une distance de la Terre moindre que 13,000 lieues.

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