‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 90 sur 347 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

et réciproquement. En général , comme cet instrument fournit à chaque instant la mesure de la pression atmo- * sphérique, on lui a donné le nom de baromètre, ou mesure de pesanteur.

Ai-je besoin de dire ici que si nous ne nous apercevons pas de la pesanteur de Tair qui cependant presse sur toutes les parties de notre corps, à chaque instant, cela tient uniquement à ce que les pressions exercées en différents sens sur nos organes s'équilibrent d'ellesmêmes ; les fluides de notre corps subissent les variations qui ont lieu dans la pression de Pair atmosphérique luimême , et cela est si vrai que si l'on s'enfonce très-vite dans la mer à l'aide d'une cloche à plongeur, ou bien si Ton s'élève très-rapidement dans l'air à l'aide d'un ballon, on éprouve de vives douleurs dans les oreilles, qui disparaissent lorsque , par un mouvement de déglutition souvent renouvelé, on tient en communication l'air extérieur et l'air contenu dans cet organe, ainsi que M. Bixio Ta constaté dans les voyages aéronautiques célèbres qu'il a faits avec M. Barrai.

Les baromètres qu'on construit , comme nous venons de le dire, avec un tube recourbé , s'appellent , par cela même , baromètres à siphon, et sont très-commodes dai^s un observatoire fixe : ils ont seulement l'inconvénient d'exiger qu'on lise séparément la hauteur des deux colonnes , et de ne donner par conséquent l'indication définitive du baromètre qu'après un petit calcul; ce défaut, quoique compensé au moins en partie par les vérifications auxquelles se prête cet instrument, et par l'avantage exclusif qu'il a sur tous les autres baromètres, de donner

des hauteurs indépendantes de Faction capillaire, a déterminé les artistes à adopter habituellement un autre genre de construction.

Le baromètre ordinaire , réduit à sa plus grande simplicité, est formé d'un tube de verre fermé hermétiquement à une de ses extrémités. On y verse une certaine quantité de mercure, et on fait bouillir ce mercure assez longtemps afin de le purger d'air et de faire entièrement évaporer la petite couche d'humidité qui adhère avec une très-grande force aux parois du tube. Lorsqu'il est bien exactement plein , on bouche le tube avec le doigt , et , après l'avoir redressé, on le plonge dans une cuvette d'un assez grand diamètre , qui elle-même est remplie de mercure jusqu'à une certaine hauteur. Il est facile de voir, d'après ce que nous avons dit plus haut, que le mercure se maintiendra dans le tube au-dessus du niveau de la cuvette , à une hauteur telle que la colonne de ce liquide fasse équilibre à la pression de l'atmosphère. Cette différence de niveau se mesure sur une échelle divisée avec soin, et qui s'étend depuis la partie supérieure du tube jusqu'au réservoir inférieur. Pour plus de précision , on y adapte un vemier mobile, à l'aide duquel on subdivise les parties immédiatement tracées sur l'échelle en dix, en douze ou même en cent parties.

Il est facile de concevoir que pour qu'un tel baromètre donne avec précision la hauteur de la colonne de mercure qui fait équilibre à la colonne atmosphérique correspondante , il est indispensable que le zéro de l'échelle coïncide avec la ligne du niveau de la cuvette. Or, cette condition ne peut être rigoureusement remplie que pour

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