LIVRE XX. — LA TERRE
celles qu'on avait faites, à d'autres heures, dans le point le plus bas.
Lorsqu'on est parvenu, par une longue suite d'observations, à déterminer les hauteurs moyennes du baromètre et du thermomètre dans un lieu quelconque de la Terre, on peut les employer à calculer l'élévation absolue de ce lieu , en prenant pour observations correspondantes les hauteurs moyennes du baromètre et du thermomètre au niveau de l'Océan. Ces hauteurs, dans notre climat, sont 0m.7629 et 12°. 5; mais comme elles varient dans les différents lieux de la Terre, il sera bon de ne comparer les observations qu'on aura faites qu'aux moyennes de l'Océan qui correspondent aux mêmes latitudes. Peut-être serait-il même alors convenable, ainsi que l'ont recommandé plusieurs physiciens, de n'employer dans ce calcul que les moyennes des observations de midi : quoi qu'il en soit, on voit que si les personnes qui habitent un lieu quelconque voulaient prendre la peine de déterminer jour par jour les hauteurs d'un bon baromètre et d'un bon thermomètre à midi, elles pourraient, en comparant ces mesures à celles de l'Observatoire le plus voisin, dont l'élévation au-dessus de la mer est connue , obtenir la hauteur de ce lieu au-dessus de l'Océan. Par exemple, pour la France, les observations barométriques et thermométriques faites à midi dans tous les points des départements étant comparées à celles de l'Observatoire de Paris, pourraient fournir un nivellement général du pays, qui permettrait d'ajouter aux longitudes et aux latitudes des diverses localités, leur hauteur au-dessus de la mer, comme. la troisième des
coordonnées qui servent à fixer leur position sur le globe. Pour les points qui sont arrosés par des rivières, il serait convenable de rapporter les observations à la hauteur moyenne des eaux. Dans les autres cas, il faudrait déterminer, par une opération particulière, la position de la salle des instruments par rapport à r édifice ou au point le plus remarquable des environs.
Dans beaucoup de parties de l'Europe il a été, du reste, exécuté des nivellements généraux par des triangulations directes. En France les positions géographiques de presque toutes les villes même de mince importance et leurs élévations verticales au-dessus du niveau moyen de la mer, sont aujourd'hui déduites des triangulations de divers ordres sur lesquelles MM. les officiers d'étatmajor chargés de l'exécution de la carte de notre pays appuient leurs beaux et immenses travaux.
Dans le réseau trigonométrique qui embrasse toute rétendue du territoire de la France, il y a des triangles, en général très-vastes, dont les angles ont été mesurés avec de grands instruments et par deux séries au moins de vingt répétitions chacune. Ce sont les triangles du premier ordre.
Dans les triangles de deuxième ordre, on se contente ordinairement, pour la mesure de chaque angle, d'une seule série de dix répétitions.
Les triangles du troisième ordre sont formés avec des instruments plus petits et plus portatifs. Les angles sont déterminés par une seule série de six répétitions, et souvent on n'en mesure que deux. Mais pour qu'il n'y ait pas d'erreur appréciable pour la détermination du point