‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 110 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

Quelques personnes ont cherché à abréger les calculs que nécessite la formule de Laplace; parmi les tables qu'on a publiées à cet effet, celles que Ton doit à H. Oltmans et à M. Delcros et qu'on trouve, soit dans Y Annuaire du Bureau de$ Longitudes ^ soit dans Y Annuaire de la Société météorologique , sont les plus commodes.

Il résulte de ce que nous avons dit précédemment, que pour avoir tous les éléments qui sont nécessaires au calcul de la hauteur d'une montagne , il suffit que deux personnes, munies d'instruments bien comparables, fassent au même instant, l'une au sommet et l'autre au pied, l'observation de la hauteur du baromètre, et qu'elles tiennent compte en même temps des indications des thermomètres qui sont enchâssés dans les montures de ces instruments, et de ceux qui sont destinés à donner la température de l'air libre. Deux observations conjuguées suffisent à la rigueur, mais, lorsqu'on le peut, il est bon de multiplier les déterminations, parce qu'on augmente alors les chances de compensation des erreurs, soit qu'elles proviennent des observations elles-mêmes, soit qu'elles soient causées par quelque trouble accidentel dans l'atmosphère. Il est presque inutile de dire que les baromètres et les thermomètres doivent , autant que possible , être garantis de l'action immédiate des rayons du Soleil.

Il semble, au premier abord, qu'il doit être indifférent, dans la mesure de la hauteur d'une montagne, de faire les observations à tel ou tel instant du jour. On a cependant reconnu , en comparant un grand nombre de mesures barométriques avec des nivellements faits

avec soin , que PintervaUe compris entre onze heures et une heure après midi, est généralement le plus favorable, soit qu'à cette époque la variation de température des couches d'air superposées soit uniforme, comme le suppose la formule de Laplace, soit que les courants ascendants ou descendants dont on ne peut tenir compte dans le calcul , aient alors très-peu de force. L'influence de ces courants est assez considérable pour qu'on doive soigneusement éviter de placer les baromètres dans le fond des vallées. Ce cas excepté, il sera avantageux de rapprocher, autant que possible, les deux instruments de la même ligne verticale ; on peut au reste, sans crainte, comparer entre elles des observations faites avec des instruments qui seraient éloignés horizontalement de 8 à 10 lieues.

Lorsqu'on vise à une très-grande précision, le concours de deux personnes est indispensable, puisqu'il faut que les observations barométriques du pied et du sommet de la montagne soient faites simultanément. Un observateur isolé et muni de bons instruments pourra cependant déterminer la différence de niveau de deux stations peu éloignées , avec une ' exactitude suffisante pour les besoins de la géographie physique, s'il a l'attention d'observer le thermomètre et le baromètre dans la station inférieure au moment du départ et à son Retour. La comparaison de ces observations lui donnera en effet la marche horaire des deux instruments, et dès lors il aura, par de simples parties proportionnelles, les valeurs des corrections qu'il faudra appliquer aux observations de la station la plus élevée, pour les rendre comparables à

Page 1