‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 301 sur 305 · LIVRE XXIL — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXIL — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

M. Swan a trouvé qu'elles s'étaient montrées dans les mêmes points physiques du disque solaire , résultat parfaitement conforme à ce que d'autres astronomes avaient obtenu par une discussion analogue.

La protubérance courbe si remarquable , qui en 1851 fit son apparition près du bord occidental de ta Lune , était particulièrement propre à décider si les protubérances changent de forme avec le lieu de l'observation. Or partout, sauf de légères différences qu'on peut attribuer à la difficulté et à la courte durée des observations, la protubérance en question parut formée de deux lignes faisant entre elles un angle presque droit ; la première , dirigée à peu près perpendiculairement au contour de la Lune, et la seconde, parallèle à la tangente à ce contour, au point où la première le rencontrait.

Plusieurs des objections qu'on avait opposées aux théories fondées sur une existence réelle des protubérances lumineuses disparaissent en présence des deux faits capitaux que je viens de rapporter. Il est difficile , quand on considère la concordance de tous ces résultats , de ne pas regarder les protubérances plus ou moins rougeâtres comme des objets matériels analogues à nos nuages flottants dans l'atmosphère diaphane dont le Soleil est entouré, ainsi que je l'ai fait voir dès 1846, atmosphère dont j'ai démontré l'existence par d'autres observations (liv. xiv, chap. vi, t. n, p. 104).

Je crois que les raisons que j'ai données dans ma Notice sur les éclipses sont suffisantes pour qu'il soit admis que les protubérances ne sont ni des montagnes, ni des apparences provenant de déviations que les rayons du Soleil

m ASTRONOMIE POPULAIRE.

auraient éprouvées dan§ les anfractuosités présentées par les bords de la Lune, mais que tout s'explique dans l'hypothèse de nuages flottants dans l'atmosphère diaphane qui entoure la photosphère du Soleil.

Jetons un coup d'oeil maintenant sur la théorie que M. Swan a donnée , dans les Transactions philosophiques tïEdinburgh, de ces mêmes mystérieux phénomènes.

Les protubérances rougeâtres, d'après la théorie de M. Swan, seraient des portions de la troisième atmosphère hypothétique soulevées par le courant ascendant, au-dessus du niveau général. Ce niveau général serait indiqué par ces arcs colorés et fortement dentelés, semblables quant à la consistance et à la couleur, aux protubérances proprement dites; qu'on voit après le commencement de l'éclipsé totale sur le bord oriental , peu de temps avant la fin sur le bord occidental de la Lune , qui occupent jusqu'à des étendues de 50 à 60 secondes, et qui déjà, d'après les observations de M. Runtz, ne paraissaient en contact ni avec la Lune ni avec le Soleil.

J'avais cherché à rendre compte des protubérances lumineuses en les assimilant à des nuages flottants dans l'atmosphère diaphane dont je supposais la photosphère entourée. M. Swan ayant sans doute remarqué dans ma Notice cette phrase : « L'éclipsé de 18A2 nous a mis sur la trace d'une troisième enveloppe située au-dessus de la photosphère et formée de nuages obscurs ou faiblement lumineux, » accumule à la fin de son Mémoire citations sur citations, pour prouver que nonobstant ce que cette phrase paraît renfermer de positif-, je n'ai pas eu la pensée qu'il existât au-dessus de la photosphère une couche

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