‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 302 sur 305 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

continue de nuages. Je reconnais loyalement que l'idée de la couche continue appartient en propre à M. Swan ; je n'avais pas, à tort ou à raison, imaginé que les nuages auxquels il fait jouer un si grand rôle, formassent habituellement autour de la photosphère une couche continue.

La limite extérieure de la première couronne lumineuse indiquerait, dans l'hypothèse de M. Swan, la région qu'occupe la couche continue de nuages dont il croit avoir besoin pour expliquer tous les phénomènes des éclipses totales. Il faudrait donc supposer que, lorsque la couronne est unique, cette couche de nuages s'est abaissée jusqu'à être presque en contact avec la photosphère solaire. C'est alors qu'apparaîtraient les longs arcs courbes, colorés et fortement dentelés, qui ont été signalés par les observateurs comme étant visibles quelques instants après le commencement de l'éclipsé totale, et quelques instants avant la fin. Mais admettons pour un moment que ces grands mouvements oscillatoires en hauteur de la couche nuageuse existe ; pourquoi cette couche se présenteraitelle comme une ligne circulaire sans couleur lorsqu'elle serait à une grande hauteur, et deviendrait-elle irisée et très -irrégulière dans son cpntour lorsqu'elle se rapprocherait du Soleil? Suivant M. Swan, les protubérances sont des portions de son atmosphère continue, soulevées au-dessus du niveau général par le courant ascendant. Mais comment n'a-t-il pas remarqué qu'en 1842 ces protubérances existaient toutes notablement au-dessous de la ligne circulaire qui dessinait les limites de la couronne la plus brillante sur la couronne extérieure.

M. Swan se sert de l'atmosphère parfaitement opaque

et continue pour expliquer comment le bord du Soleil est beaucoup moins lumineux que le centre. Les autorités qu'il invoque à l'appui de l'opinion que cette différence d'éclat existe, sont certainement très-imposantes; mais, comme on n'a cité aucune expérience réelle, il est permis de révoquer le fait en doute. Je soupçonne même, pour parler sans déguisement , que M. Swan fait servir son atmosphère à l'explication d'un fait qui n'existe pas. Je persiste donc à soutenir simplement que la troisième atmosphère solaire que M. Swan veut bien admettre avec moi est gazeuse et qu'il y flotte seulement des nuages.

Pour expliquer comment les protubérances paraissent colorées, M. Swan rappelle les curieuses observations faites par M. Forbes sur la coloration qu'on aperçoit sur la vapeur d'eau dans un des états qu'elle affecte à sa sortie d'un récipient où elle était fortement comprimée. Ce rapprochement est très-ingénieux , mais il est bon de remarquer que M. Àiry a observé une protubérance qui était rouge sur les deux bords et blanche à l'intérieur ; qu'enfin le même astronome en aperçut une autre qoi n'offrait aucune trace de coloration. M. Otto Struve remarqua aussi à Lomsa que les protubérances très-voisines des points ob le bord oriental du Soleil reparut étaient complètement blanches.

F1M DU TOME TROISIEME DI l' ASTRONOMIE POPCLAIU

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