LIVRE XX. — LA TERRE
gradins; la pente de 42° est la plus inclinée qu'on puisse gravir à pied dans un terrain sablonneux ou couvert de cendres volcaniques ; une pente de 45° est impraticable , même avec des gradins.
Bouguer (Fig. de la Terre, p. cjx) dit qu'il est impossible d'escalader une montagne dont les flancs font avec Thorizon un angle de 35 ou 36°, à moins qu'on ne se saisisse aux herbes ou aux arbustes, ou que les rochers dont la montagne est composée ne forment des espèces de marches; de son signal du Cotopaxi jusqu'au terme inférieur de la neige , la pente était tout aussi rapide ; mais quand on la gravissait, les petites pierres ponces, dans la masse desquelles le pied pénétrait, servaient , d'appui.
Une ligne menée du sommet du Vésuve a sa base, forme avec l'horizon un angle de 12° 41'; pour l'Etna la pente moyenne est de 10° 13' ; au pic de Ténériffe on trouve une pente de 12° 29'. Les cônes des volcans ont une inclinaison moyenne de 33° à 40°. Les parties les plus rapides des cônes du Vésuve, du pic du Teyde, de Pichincha, de Torullo, sont de 40 à 42°. (Humboldt, Relat. hist., liv. i, chap. n, p. 152.)
Lorsqu'une chaîne est isolée dans un pays plat ou entre deux mers, c'est vers le milieu de sa longueur qu'on trouve les grandes hauteurs du faîte. A partir de là, les cimes s'abaissent vers les deux extrémités de la chaîne, comme on le voit dans les Pyrénées. Ce principe n'est pas applicable aux chaînes qui, comme les Vosges et le Jura, sont des ramifications, des bras, des dépendances d'un système de montagnes voisin.
Les deux versants d'une chaîne sont presque toujours inégalement inclinés à l'horizon. Telas, Bergman, Kirwan et d'autres géologues admettent que c'est l'orientation de la chaîne qui détermine la direction de la plus grande pente. Cette remarque, si elle était exacte, aurait une importance réelle, car elle prouverait qu'une cause générale telle que d'immenses courants liquides, par exemple, a déterminé la formation des montagnes, et que ce n'est pas par soulèvement qu'elles ont été produites, comme on le suppose aujourd'hui.
Pour expliquer comment les montagnes présentent des pentes excessivement rapides , Kirwan admet qu'à l'origine des choses les eaux de l'Océan étaient douées de deux mouvements : l'un dirigé de l'est à l'ouest, l'autre du nord au sud. « Le premier était , dit-il , la conséquence de la direction générale des marées ; l'autre fut déterminé par de vastes abîmes qui se formèrent dans le voisinage du pôle antarctique. Maintenant, ajoute-t-il, n'est-il pas clair que les montagnes dirigées du nord au sud, ont dû opposer un obstacle au premier mouvement, et permettre au liquide de déposer les substances dont il était chargé sur ses faces orientales? Le même raisonnement s'applique aux montagnes dirigées de l'est à l'ouest, quand on les considère comme une digue placée sur le chemin du second courant. »
Bergman, dans la description physique de la Terre, pose les deux règles suivantes : 1° dans les chaînes qui courent du nord au sud, la face occidentale est la plus escarpée; 2° dans les chaînes dirigées de l'est à l'ouest, la face méridionale est la plus abrupte. On peut citer à