LIVRE XX. — LA TERRF
La portion matérielle d'un navire qui a disparu pour une distance donnée, mesure en quelque sorte la courbure de FOcéan dans la direction suivant laquelle l'observation a été faite. Or, quelle que soit cette direction par rapport à la ligne nord- sud, la distance du navire à l'observateur étant la même, la portion du vaisseau qui disparaîtra sera toujours égale. De là on a le droit de conclure que la courbure de l'Océan est la même dans toutes les directions, propriété qui n'appartient qu'à la sphère.
A ces procédés imparfaits, substituons des moyens d'observations exacte, mais qui , il est vrai , ne pourront être mis en pratique que sur la terre ferme. Il est d'ailleurs facile de concevoir que tout en opérant sur les continents, on doit déterminer à fort peu près la forme de la portion liquide de notre globe.
En effet, les continents sont traversés dans leur plus grande étendue par des fleuves qui se dirigent vers la mer et dont le cours peu rapide indique suffisamment que la surface de leurs eaux est peu élevée au-dessus de la position qu'occuperait la surface océanique si , par la pensée, on la continuait jusque dans l'intérieur des terres.
Les rivages des fleuves sont à leur tour généralement presque au niveau de leurs eaux, en sorte que, par un premier aperçu, on conçoit qu'en opérant sur la Terre on doive trouver les mêmes résultats* que s'il était possible d'effectuer des opérations exactes sur l'Océan lui-même.
Nous saurons d'ailleurs à quelles erreurs on peut être exposé à cet égard en comparant les opérations faites
(i ASTRONOMIE POPULAIRE.
dans les pays les plus montueux à celles qui auront pour théâtre le rivage même de la mer.
Le fil à plomb est perpendiculaire à la surface d'un liquide stagnant, c'est-à-dire immobile (fig. 229). En
Fig. 229. — Fil à plomb perpendiculaire à la surface d'un liquide stagnant.
effet, la direction du fil à plomb indique celle dans laquelle toutes les parties constituantes de ce liquide tendent à tomber. Mais ces parties constituantes étant douées d'une grande mobilité, si la direction de l'ensemble des molécules qui occupent la surface n'était pas perpendiculaire à la direction de la force qui les sollicite de haut en bas, ces molécules se déplaceraient, ce qui est contraire à la supposition dont nous sommes partis , que la surface du liquide était en repos.
Ce repos, dans le cas que nous considérons, se concilie parfaitement avec l'existence d'une force sollicitant les molécules à tomber, puisque cette tendance est alors complètement annulée par l'incompressibilité presque complète du liquide.
Pour déterminer la forme d'une ligne ou d'une surface courbe, le moyen le plus direct consiste à leur mener des