‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 65 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

ce dernier fluide que repose la croûte extérieure et solide de la Terre.

Il faut maintenant examiner comment, d'après cette constitution du globe, contre laquelle au surplus lés géologues modernes pourraient présenter plus d'une difficulté , Whiston a expliqué les deux événements principaux du déluge décrit par Moïse.

«En Tan 600 de la vie de Noé, dit la Genèse, au second mois, le dix -septième jour du mois, toutes les fontaines du grand abfme furent rompues; toutes les cataractes du ciel furent ouvertes. •

A l'époque du déluge, la comète de 1680, selon Whiston, était à 3,000 ou 4,000 lieues seulement de la Terre. Elle attirait conséquemment les liquides du grand abîme , comme la Lune attire aujourd'hui les eaux de l'Océan. Son action , à cause de cette grande proximité, dut tendre à produire une immense marée. La croûte terrestre ne put pas résister à l'impétuosité du flot. Elle se rompit sur un grand nombre de points, et les eaux, désormais libres, se répandirent sur les continents. Le lecteur trouve ici la rupture des fontaines du grand abtme.

Les pluies ordinaires de notre globe , continuées même pendant quarante jours, n'auraient donné que de trèsfaibles résultats. En prenant pour pluie journalière, celle qui tombe annuellement à Paris , le produit des six semaines, loin d'atteindre les sommets des plus hautes montagnes , aurait à peine formé une couche de 26 mètres de hauteur. Il fallait donc chercher ailleurs les cataractes du ciel. Whiston les a trouvées dans l'atmosphère et dans

la queue de la comète.

Suivant lui , cette atmosphère atteignit la Terre vers les monts Gordiens (l'Ararat). Les mômes montagnes interceptèrent la queue tout entière. L'atmosphère terrestre, chargée ainsi d'une immense quantité de parties aqueuses, dut suffire pendant quarante jours à des pluies torrentueuses dont l'état ordinaire du globe ne nous donne aucune idée.

Malgré toute sa bizarrerie, j'ai exposé en détail la théorie de Whiston , soit à cause de la célébrité dont elle a longtemps joui , soit parce qu'il m'a paru qu'il n'était permis à personne de traiter avec dédain les productions de l'homme que Newton désigna lui-même pour être son successeur à l'Université de Cambridge. Voici , maintenant , quelques objections auxquelles cette théorie ne me semble pas pouvoir résister.

Whiston ayant eu besoin d'une immense marée pour expliquer les phénomènes bibliques du grand abîme , ne s'est pas contenté de faire passer sa comète extrêmement près de la Terre au moment du déluge ; il a donné , de plus, à cet astre une très-forte masse : il la suppose six fois plus grande que celle de la Lune.

Une pareille supposition est tout à fait gratuite, et c'est là cependant son moindre défaut , car elle ne suffit pas à l'explication des phénomènes. Si la Lune, en effet, produit de si grands effets sur les eaux de l'Océan, c'est que son mouvement angulaire diurne n'étant pas très-considérable , elle correspond verticalement , pendant un temps assez long , presque aux mêmes points du globe ; c'est que dans l'espace de quelques heures sa distance à la Terre varie à peine ; c'est que le liquide qu'elle attire a

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