LIVRE XX. — LA TERRE
même astre qui , après avoir parcouru toute son orbite, après avoir fait sa révolution complète en 575 ans environ , redevenait visible de la Terre. Or, si Ton multiplie cette période de 575 ans par 4, on trouve 2,300, qui, ajoutés à 43, date de la comète de César, nous ramènent; avec la seule différence de 6 ans, à l'époqUe du déluge résultante du texte hébreu moderne. En multipliant par 5 , on trouve la date des Septante, à 8 ans près.
On aura sans doute remarqué que les résultats de la
multiplication par 4 et 5, du nombre 575, durée supposée de la révolution de la comète de 1680, sont l'un et Pautre trop faibles; mais on peut observer, avec Whiston, que le chiffre 575 a été déduit de la comparaison des apparitions les plus modernes; or, dans les retours successifs, les révolutions doivent graduellement devenir plus courtes, car l'astre traversant toujours l'atmosphère solaire près de son périhélie, il en résulte nécessairement une diminution du rayon vecteur et une augmentation de vitesse. Ainsi le nombre 575 rattachant, par exemple, les deux passages au périhélie de 1106 et de 531, ce ne serait plus 575, mais un nombre plus grand, qu'il faudrait multiplier par 4 et 5, pour remonter de l'apparition de — 43 à celle du déluge, ce qui pourrait faire évanouir, en partie, les différences en moins de 6 ou de 8 ans que nous avons trouvées.
Pour peu qu'on se rappelle les notables différences que la comète de Halley a présentées ( liv. xvn , chap. vi , t. n, p. 286) dans la durée de sa révolution autour du Soleil, on reconnaîtra que Whiston a pu légitimement supposer que la grande comète de 1680 ou de la mort
de César, était voisine de la Terre quand le déluge arriva, et qu'elle eut quelque part à ce grand phénomène.
Je rappellerai cependant que M. Encke, ayant soumis à de nouveaux calculs l'orbite probable de la comète de 1680, a trouvé une durée de révolution bien différente de celle supposée par Whiston ; cette durée serait de
8,813 ans (liv. xvu, chap. xvii, t. u, p. 848).
Je ne m'arrêterai pas à expliquer minutieusement par quelle série de transformations la Terre, qui, suivant Whiston, était primitivement une comète, devint le globe que nous habitons. Je me contenterai de dire que, dans ses idées , le noyau de la Terre est une substance dure et compacte ; que c'est l'ancien noyau de la comète ; que les matières de diverse nature, mêlées confusément, qui composaient la nébulosité, s'affaissèrent plus ou moins vite , suivant leur gravité spécifique ; qu'ainsi , le noyau solide se trouva d'abord entouré d'un fluide dense et épais; que les matières terreuses se précipitèrent ensuite, et formèrent sur le fluide dense une enveloppe, une espèce de croûte qui peut être comparée à la coque d'un œuf; que l'eau vint à son tour recouvrir cette croûte solide ; qu'elle s'infiltra en grande partie par les fissures, et se répandit sur le fluide épais ; qu'enfin les matières gazeuses restèrent suspendues, s'épurèrent graduellement, et constituèrent notre atmosphère.
Ainsi, dans ce système, le grand abîme biblique se trouve composé d'un noyau solide et de deux orbes concentriques. Celui de ces orbes le plus voisin du centre est formé du fluide pesant qui se précipita le premier; le second est de l'eau. C'est donc, a proprement parler, sur