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CHAPITRE XIII

VOLCANS ACTUBLLBMENT ENFLAMMÉS

§ 1. — Définitions.

J'ai rédigé pour Y Annuaire du Bureau des Longitudes de 1824, une Notice sur les volcans actuellement enflammés à la surface de notre planète. L'exécution exacte d'un tel travail est extrêmement difficile. Les détails que la plupart des voyageurs nous ont transmis sur les grands phénomènes que nous présentent les éruptions volcaniques, sont incomplets et très-vagues. Aux yeux de l'un, toute portion de terrain d'où il s'élève un peu de fumée, ou sur laquelle on aperçoit quelques étincelles, est un volcan; l'autre n'accorde ce nom qu'aux montagnes qui lancent incessamment des torrents de lave , de matières incandescentes et de cendres. Le premier inscrira dans son catalogue les flammes légères de Pietra-Mala, de Barigazzo, de Velleïa, de la Perse, de la Caramanie ; le second rangera Santorin lui-même dans la classe des solfatares. Il faut joindre à cette première difficulté, la

difficulté plus grande encore d'établir quelle distance doit séparer deux cratères pour qu'ils soient l'indice de deux volcans distincts. A Ténériffe, l'éruption de 1706 se fit par une bouche éloignée de deux lieues du Pic ; celle qui détruisit Garachico sortit du côté opposé, dans un point distant du même Pic d'une lieue et demie; il y avait donc trois lieues et demie entre les deux bouches, sans que personne ait songé à les considérer comme appartenant à deux volcans distincts. Mais maintenant, regarderons-nous l'île de Palma, où il y eut une éruption de lave en 1699, comme renfermant un volcan séparé de Ténériffe? La destruction de l'Ile de Lancerote, en 1730, devra-t-elle être considérée comme l'effet d'une éruption latérale du volcan du Pic ou comme l'indice d'un volcan particulier? Des questions analogues se présentent à chaque pas, et l'on manque des moyens d'y répondre. J'eusse renoncé à mener à son terme la tâche que je m'étais imposée, si je n'avais eu l'avantage de pouvoir consulter, en rédigeant ma Notice, les deux hommes à qui l'histoire physique de notre globe est le mieux connue, MM. Alexandre de Humboldt et Léopold de Buch. Cette Notice, revue d'après les publications récentes de ces deux illustres savants, présente, je pense, un caractère de précision assez certain pour former un chapitre de ce livre consacré à la description des phénomènes qui marquent l'existence du globe terrestre parmi les mondes répandus dans l'univers.

M. Léopold de Buch explique dans les termes suivants la formation des diverses sortes de volcans {Description des îles Canaries, édition française, p. 323 ) :

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