LIVHE XX. — LA TERRE
du zéro à l'aide d'une tige d'ivoire très-aiguë, et qui fait, en quelque sorte , corps avec la division. 11 est clair alors que, dans quelque lieu qu'on se trouve, il suffira, pour remédier à la cause d'erreur dont nous venons de parler, d'amener, avant l'observation , le mercure de la cuvette à être tangent à la tige d'ivoire, ce qui s'obtient en relevant le fond mobile de cette cuvette à l'aide d'une vis convenablement disposée.
Depuis que le baromètre est devenu un moyen usuel de mesurer la hauteur des montagnes, les physiciens et les artistes l'ont modifié de mille manières, surtout dans la vue de le rendre portatif.
Parmi ces modifications, on doit, ce nous semble, ranger au premier rang celle dont la météorologie est redevable à Gay-Lussac. Le peu de poids et de volume de l'ingénieux baromètre qu'il a imaginé, sa commodité, l'exactitude dont il est susceptible, ont été justement appréciés. Dans les mains d'un observateur soigneux et exercé, cet instrument qui, comme on sait, est un siphon dont la petite branche vient se placer sous la grande, grâce à un coude ingénieusement imaginé, ne laisse rien à désirer. Nous avouerons cependant, d'après notre propre expérience, que des mouvements brusques d'une certaine espèce, peuvent faire passer des bulles d'air dans la grande colonne et que pendant le transport à pied, à cheval, et surtout en voiture, si le baromètre était presque horizontal, le dérangement aurait indubitablement lieu.
Tel est le défaut qu'un artiste habile, Bunten, a cherché à faire disparaître en 1828, et il y est parvenu sans A.— m. 12
sacrifier aucun des précieux avantages que l'instrument de Gay-Lussac possède. Il lui a suffi, pour cela, de former dans le grand tube une cloison vitreuse du centre de laquelle descend perpendiculairement un tube capillaire, d'une certaine longueur, par lequel le mercure doit nécessairement passer, tant dans les mouvements ascensionnels que dans les mouvements contraires. S'il entre alors une bulle d'air, comme elle suit les parois du grand tube, elle est arrêtée par la cloison et ne nuit pas à l'observation. Dès qu'on renverse l'instrument, la bulle s'échappe d'elle-même.
L'artifice dont nous venons de rendre compte fait disparaître le principal inconvénient qui se présentait dans l'usage des baromètres de Gay-Lussac, sans rien ajouter à leur fragilité. Il n'a pas dû empêcher les météorologistes de continuer à désigner ces instruments par le nom de leur véritable inventeur, puisque les modifications proposées ne changent pas les caractères qui les distinguent de tous les baromètres connus.
II est maintenant bien établi, à l'aide d'observations faites avec des baromètres placés à bord des navires, qu'il existe dans la vaste étendue de l'Océan, d'immenses régions où la pression atmosphérique est inférieure & ce qu'on trouve dans les régions environnantes. Si de telles différences, qui certainement exercent une grande influence sur les courants pélagiques, ne peuvent être révoquées en doute, on ne saurait, à cause du peu d'exactituc'e des instruments employés, en assigner exactement la valeur. On est plus pauvre encore à ce sujet en ce qui concerne l'intérieur des continents : un voyageur,