‹ Astronomie populaireChapitre 109 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

l'hémisphère tourné vers la Terre. Mais nous avons vu (chap. X , p. 115 et suiv, ) combien les taches sont parfois nombreuses et étendues, combien aussi elles sont rares à certaines époques. Le problème peut donc être posé sérieusement. Les anciens historiens et chroniqueurs, en citant des jours, des mois, des années, pendant lesquels le Soleil n'était pas dans son état normal, semblaient parler d'un phénomène inexplicable ; ce phénomène peut être attribué à des apparitions extraordinaires de taches, et l'opinion que ces taches exercent une influence sur les circonstances météorologiques terrestres doit être prise en sérieuse considération.

Des idées dont il a été déjà question sur les circonstances physiques qui doivent amener un déchirement de l'atmosphère solaire, conduisirent William Herschel à supposer que les taches noires sont plutôt le signe d'une abondante émission de lumière et de chaleur que d'un affaiblissement de ces deux genres de rayonnement. Comme d'habitude, le grand, astronome mit sa conjecture en présence des faits propres à l'étayer ou à la renverser. Les observations météorologiques manquant, il prit, faute de mieux, le prix du blé en Angleterre comme un indice de la grandeur des températures annuelles. J'ai dit faute de mieux, car Herschel ne se dissimulait pas que le prix du blé pouvait avoir été modifié par des causes indépendantes de la température ou qui ne s'y rattachaient que d'une manière fort indirecte. La question exigeait donc . un nouvel examen.

Je suis, pour ma part, tellement éloigné de m'associer aux quolibets dont la table d'Herscbel a été l'objet, que

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je la reproduirai ici. Les lecteurs décideront ensuite euxmêmes, si les nombres qu'ils auront sous les yeux indiquent avec une probabilité suffisante, conune le croyait l'astronome de Slough, que les récoltes sont d'autant meilleures que le Soleil a plus de taches.

Prix moT«n

de rheetolitii

deUé.

De 1550 à 1670, on ne voit qu'une ou deux taches. . 21,50

1676 à 168Ù, point de taches 20.60

1685 à 1691, taches 15.90 .

1691 à 169/1, taches 13.75 -

1695 à 1700, point de taches 27.06

1701 à 1709, taches 21.05

1710 à 1713, deux taches seulement 24.48

1714 à 1717, taches 20.19

L'opinion de William Herschel est en contradiction avec les résultats directs obtenus par le père Secchi, qui a trouvé que les taches du Soleil produisaient un refroidissement sur sa surface. Il était donc important d'examiner de nouveau avec attention les mouvements des •températures terrestres.

M. Gautier -de Genève a discuté les observations météorologiques faites dans un grand nombre de lieux, en vue de savoir si la température de ces lieux a varié partout dans le même sens avec l'apparition des taches solaires. Voici les résultats de cette recherche ( Annales de chimie et de physique^ t. xii, p. 57, 1844).

A Paris, selon M. Gautier, la température moyenne des années ayant présenté peu de taches, surpasse celle des années où l'on a observé beaucoup de taches de (y.6i; à Genève, de 0°.33.

Quelques stations ont donné jusqu'à des différences de

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