LIVRE XV. — LUSnÈRE ZODIACALE
nous venons de faire, la lumière zodiacale se présentera sous la forme d'une ellipse très-allongée.
Il est évident que c'est dans les régions équinoxiales , oii la lumière zodiacale s'élève presque perpendiculairement à l'horizon , que les observations de ce phénomène doivent être faciles et exactes.
Mon illustre ami, Alexandre de Humboldt, décrit dans son Cosmos l'effet que produit la lumière zodiacale sur le voyageur curieux d'observer les brillants phénomènes de la voûte céleste , et qui quitte nos climats pour aller visiter les régions tropicales. « L'intensité lumineuse, beaucoup plus grande, dit-il, que la lumière zodiacale présente en Espagne, sur les côtes de Valence et dans les plaines de la Nouvelle-Castille , m'avait engagé déjà, avant que je quittasse l'Europe, à l'observer assidûment. L'éclat de cette lumière, je pourrais dire de cette illumination, augmenta encore d'une manière surprenante à mesure que je m'approchai de l'équateur, sur le continent américain ou sur la mer du Sud. A travers l'atmosphère toujours sèche et transparente de Cumana, dans les prairies ou Llanos de Caracas, sur les plateaux de Quito , et sur les lacs du Mexique , particulièrement à des hauteurs de 2,500 à 4,000 mètres, où je pouvais séjourner plus longtemps , je vis la lumière zodiacale surpasser quelquefois en éclat les plus belles parties de la Voie lactée , comprises entre la proue du Navire et le Sagittaire, ou, pour citer des régions du ciel visibles dans notre hémisphère , entre l'Aigle et le Cygne. »
En général , dans nos climats, suivant les observations de Gassini, la lumière zodiacale parait mieux terminée
sur son bord méridional que du côté opposé. D'après le même astronome , elle sersât moins vive et moins étendue le matin que le soir. On devrait aussi admettre que d'ordinaire l'écliptique ne la partage pas longitudinalement en deux parties parfaitement égales , et qu'elle a plus de largeur au nord qu'au midi. Ce dernier résultat est confirmé par les observations de Fatio de Duillier, faites à Genève en 1685 et 1686.
Ce qu'il y a de bien avéré, d'après l'ensemble des observations faites à Paris et à Genève, c'est que l'intensité de la lumière zodiacale n'est pas toujours la même, qu'elle varie considérablement d'une année à l'autre, et même dans un petit nombre de jours. La diaphanéité plus ou moins grande de l'atmosphère ne semblerait pouvoir expliquer qu'une partie de l'effet enregistré par desastronomes habiles.