APPARENCE DU PHÉNOMÈNE
La lumière zodiacale est un phénomène qui , dans nos climats, s'aperçoit dans certaines saisons après le coucher du Soleil , et avant son lever.
Cette lumière a la forme d'une ellipse ou d'un fuseau très-allongé , qui s'étend le long du zodiaque. Le 6 octobre 1684, Fatio de Duillier vit que la pointe du fuseau semblait être formée par deux lignes droites inclinées l'une sur l'autre de 26*.
Les dimensions de la lumière zodiacale sont variables, ou du moins on ne s'est pas toujours accordé sur leur valeur angulaire; on trouve, pour le grand axe, des nombres qui varient entre liO et plus de 100 degrés. Ce nombre de 100 degrés est la détermination obtenue par Gassini le 4 février 1687, et postérieurement par Mairan. Quant au petit axe de la base correspondante au Soleil , les valeurs qu'on en a données sont comprises entre 8 et 80 degrés. Ajoutons qu'Euler croyait que la matière qui produit cette clarté pourrait ne pas s'appuyer sur le Soleil , mais qu'elle l'entourait, au contraire, à une certaine dis-
tance en forme d'anneau comme fait l'anneau de Saturne pour cette planète. Mais l'éclat de la lumière solaire, comparé à celui de la lumière zodiacale, ne pennettra probablement jamais de vérifier expérimentalement cette conjecture.
La lumière zodiacale suit dans son mouvement diurne les constellations auxquelles elle correspond : elle se lève et se couche avec elles. En comparant les observations d'un mois à celles du mois suivant, on reconnaît qu'elle est douée d'un mouvement propre dirigé , comme celui du Soleil , de Toccident à l'orient.
La lumière crépusculaire suffit pour faire disparaître la lueur zodiacale; «on la chercherait donc vainement, dit Cassini, dans les temps de Tannée où le crépuscule est long , quand les signes zodiacaux , par un effet de l'obliquité de la sphère, rampent pour ainsi dire le long de l'horizon, et quand la Lune brille. » La lumière zodiacale, suivant ce grand astronome , peut être comparée , quant à la transparence et la couleur, à la queue d'une comète. Cette clarté n'empêche pas, en effet, d'apercevoir les plus petites étoiles sur lesquelles elle se projette. Cassini crut y remarquer des pétillements momentanés. Maîran , qui fit la même observation, ne donne son résultat qu'avec beaucoup de circonspection.
Si la lumière zodiacale s'étend circulairement autour de l'équateur solaire , elle doit se voir seulement par son épaisseur, lorsque la Terre est dans le plan de cet équateur, c'est-à-dire en juin et en décembre. Les époques les plus favorables à son observation sont les mois de mars ou de septembre ; alors, dans la supposition que