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LIVRE XVI. — MOUVEMENTS DES PLANÈTES. Î

ra{^rt aux étoiles , tantôt de l'occident à Torient , et tantôt de Torient à Toccident. Ces sortes de mouvements oscillatoires s'observent pour toutes les planètes. Les amplitudes seules varient d'une planète à une autre.

On dit que le mouvement est direct lorsqu'il a lieu de rocddent à Torient, et qu'il est rétrograde lorsqu'il se fait en sens contraire. La planète est dans une de ses stations au moment où le mouvement va changer de sens. Alors la vitesse de translation diminue jusqu'à zéro pour rei^endre des valeurs croissantes dans un sens ou dans l'autre.

Les figures 166 et 167 (page 208) représentent les mouvements apparents de six des planètes principales. Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, et Uranws, pendant Tannée 1856.

Pour construire ces deux figures, on a imaginé un cylindre tangent à la sphère céleste le long de l'équa- ' teur, et l'on a supposé que ce cylindre pouvait remplacer, sans erreur sensible, la surface de cette sphère sur une étendue de fiO degrés de part et d'autre du cercle équatorial ; on a ensuite développé la surface du cylindre, en le supposant coupé suivant une arête passant par le point équinoxial du printemps. De cette façon, les ascensions droites exprimées en heures ou en degrés, se sont trouvées développées suivant une droite horizontale, et les déclinaisons boréales ou australes suivant une droite verticale. On obtient facilement les chemins de chaque planète en portant sur les figures leurs coordonnées pour chaque jour de l'année, et en joignant, par une courbe continue, la série des points obtenus. L'éclip-

tique, ou la courbe décrite par le Soleil , se trouve tracée de la même manière.

Tandis qu'on reconnaît, ainsi que nous Tavons dit précédemment (liv. vu, chap. iv, t. i, p. 259) , que le Soleil semble parcourir en un an une courbe continue, sans zigzag d'aucune sorte, on voit que les planètes, par rapport aux constellations stellaires dessinées sur les mêmes figures 166 et 167, paraissent suivre les courbes les plus compliquées et sans liaison saisissable avec les positions des étoiles auxquelles on peut vouloir rapporter leurs mouvements. Néanmoins , en comparant les routes apparentes ainsi tracées, on saisit avec facilité les différences des vitesses angulaires que présentent les planètes dont quelques-unes font en un an le tour entier de la sphère céleste, tandis que les autres ne parcourent que des arcs plus ou moins restreints.

Si, en même temps qu'on détermine chaque jour la position des planètes sur la sphère céleste, on mesure leurs diamètres parles mêmes moyens que nous avons indiqués en parlant du Soleil (livre xiv, chap. ii, p. 47 et suiv.) , on trouve que ceux-ci varient constamment, ce qui peut s'expliquer .facilement par des variations de distances à la Terre. Mais on reconnaît, en outre, que certaines planètes. Mercure, Vénus et même Mars , changent d'aspect, qu'elles passent par une série de phases, qu'elles présentent tantôt un disque entièrement lumineux,, tantôt un demi-disque, tantôt seulement un croissant.

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CHAPITRK IV

MOUVEMENTS APPARENTS DES PLANÈTES RAPPORTÉS AU MOUVEMENT APPARENT DU SOLEIL

Tous les phénomènes singuliers que nous venons de passer en revue montrent que les planètes ne peuvent être comparées aux étoiles, qu'il faut chercher à les rattacher au Soleil avec l'orbite apparente duquel leurs orbites apparentes semblent , dès le premier examen des figures 166 et 167, avoir des rapports intimes. Un pareil rapprochement des mouvements apparents du Soleil et des planètes montre d'abord que les plus grandes vitesses, soit du mouvement direct, soit du mouvement rétrograde, ont toujours lieu quand les centres de la Terre , du Soleil et de la planète observée semblent former une même ligne droite. On reconnaît ensuite que les planètes que nous avons appelées inférieures, que Mercure et Vénus ne s'éloignent jamais du Soleil qu'à des distances angulaires assez petites, tandis que les planètes supérieures s'écartent de l'astre radieux à toutes les distances angulaires possibles.

Lorsqu'une planète vue de la Terre est à gauche du Soleil , on dit qu'elle est en digression orientale ; la digression est au contraire occidentale, si la planète est aperçue à droite du Soleil.

Une planète est en conjonction avec le Soleil , quand elle s'interpose entre le Soleil et la Terre ; la planète est en opposition avec le Soleil^ quand c'est la Terre qui est interposée entre elle et le Soleil ; enfin elle est en opposi-

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tion avec la Terre, quand c'est le Soleil qui est interposé entre elle et notre globe.

Lorsqu'une planète se trouve sur une même ligne droite avec la Terre et le Soleil , mais au delà de ce dernier par rapport à la Terre, on dit que la planète et le Soleil sont en conjonction supérieure ; ils sont en conjonction inférieure, quand la planète est placée entre le Soleil et la Terre. Les positions des planètes à 90° des conjonctions ou des oppositions sont dites les quadratures.

Ces définitions posées, voyons quelles sont les apparences des mouvements des planètes rapprochés du mouvement apparent du Soleil autour de la Terre.

Occupons-nous d'abord des planètes inférieures.

Nous rappellerons seulement que le mouvement apparent du Soleil, par rapport aux étoiles, a toujours lieu dans le même sens, et que la vitesse de l'astre radieux est sensiblement constante. A une certaine époque, la planète considérée est invisible pour nous; elle est en opposition avec la Terre, c'est-à-dire que le Soleil nous la cache. Quelque temps après , nous la voyons apparaître à l'orient du Soleil et elle semble s'en éloigner. Elle exécute alors, en même temps que le Soleil, un mouvement direct par rapport aux étoiles. Mais tandis que la vitesse du Soleil est sensiblement constante , celle de la planète va en diminuant, elle paraît exécuter un mouvement rétrograde par rapport au Soleil , quoique son mouvement par rapport aux étoiles soit encore direct. La vitesse de la planète par rapport aux étoiles devient nulle un peu plus tard, et alors elle paraît stationnant sur la sphère étoilée, quoiqu'elle continue à avoir un mouve-

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