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LIVRE XVI. — MOUVEMENTS DES PLANÈTES

ment apparent rétrograde par rapport au Soleil. Le mouvement rétrograde par rapport aux étoiles commence ensuite , et peûdant toute la durée de ce mouvement apurent , le mouvement par rapport au Soleil continue à être rétrograde. La planète fait une nouvelle station par rapport aux étoiles , puis sa vitesse change de signe, son mouvement redevient direct d'abord par rapport aux étoiles, puis par rapport au Soleil dont elle se rapproche , et ainsi de suite.

De telles apparences conduisent évidemment à penser que la planète se meut autour du Soleil dans une orbite emportée par l'astre radieux dans son mouvement apparent autour de la Terre. Cette conclusion est fortifiée quand on s'occupe des phases que présentent les planètes inférieures. En eflfet, lors de ses plus grandes élongations, la planète nous offre l'apparence d'un demi-disque lumineux dont le bord curviligne est tourné vers le Soleil. Kntre ses élongations extrêmes, la planète se présente comme un croissant dont la convexité regarde l'astre radieux. Une figure bien simple rend compte ^ toutes les circonstances des apparences observées. Si on suppose le Soleil en S et la Terre en T, et que la planète P soit d'abord en opposition avec le Soleil (fig. 168, p. 212), elle tourne évidemment vers la Terre son disque entièrement éclairé. Elle s'éloigne alors du Soleil en exécutant un mouvement rétrograde, jusqu'à ce qu'elle ait atteint sa plus grande digression orientale en P^', lorsque l'angle SP'T est droit. Dans l'intervalle, la partie éclairée du disque qu'elle nous présente, par exemple, en P^ va en diminuant; en P^^ la moitié seule nous apparaît lumi-

neuse. Il y a station en P'', puis le mouvement devient direct, et il y a conjonction en P'^ ; dans Tintervalle, en V' par exemple, on ne voyait qu'un croissant. Au moment de la conjonction, si la planète est par hasard dans le plan de Técliptique, elle se proiette sur le Soleil, où elle

Fig- 103. — Mouvement d'une planète inféneure autour du Soleil,

vu de la Terre. -

produit une tache noire, qu'on ne peut confondre avec l(îs taches solaires, parce qu'elle traverse le disque du Soleil d'un mouvement uniforme et en formant un cercle exact.

Le mouvement devient rétrograde par rapport au Soleil jusqu'au maximum de la digression occidentale en P^ ; il y a alors une station, et le mouvement parait ensuite direct par rapport au Soleil, dont la planète semble se rapprocher, jusqu'à ce qu'elle soit en opposition en P. Dans les intervalles, en P^ et P^, elle présente à la Terre un croissant, puis une partie de plus en plus complète de son disque éclairé.

Pour les planètes supérieures, les apparences ne seront plus les mêmes* Il y a un moment où la planète considérée est en conjonction supérieure en P, et le Soleil S (fig, 169) nous la cache. A partir de cet instant, les

Fig. 169. — Mouvement apparent d'une planète snpérieure,

TQ de la Terre.

deux astres prennent un mouvement direct par rapport

aux étoiles , mais le Soleil a un mouvement plus rapide que celui de la planète. Celle-ci est animée d'un mou* vement rétrograde par rapport au Soleil. La planète a atteint bientôt une position P' à peu près stationnaire par rapport aux étoiles , et elle prend un mouvement rétrograde. Lorsqu'elle est arrivée en p au maximum de vitesse et au milieu de Tare de son mouvement rétrograde, le Soleil est en S' en opposition avec elle. A partir de ce moment , la planète a un mouvement direct par rapport au Soleil, quoique rétrograde encore par rapport aux étoiles. Arrivée en P'\ la planète reprend un mouvement direct par rapport aux étoiles. Le Soleil vient de nouveau se mettre en conjonction supérieure en S' avec la planète, lorsque celle-ci arrive en V"^ au maximum de vitesse et au milieu de l'arc de son mouvement direct.

Ces faits démontrent évidemment que le Soleil, joue un rôle important dans le mouvement des planètes supérieures, tout aussi bien que dans celui des planètes inférieures.

Comme les planètes supérieures ne présentent pas de phases sensibles , à l'exception de Mars , on est conduit à penser qu'elles se meuvent autour du Soleil dans des orbites dont le rayon est plus grand que la distance du Soleil à la Terre. On conçoit en effet que, dans cette hypothèse , quelles que soient les positions relatives du Soleil et des planètes, nous devrons toujours apercevoir celles-ci entièrement, excepté aux époques des conjonctions.

• LIVRE XVI. -^ MOUVEMENTS DBS PLÀNËTES. S4S

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