MOUVEMENTS PROPRES DES ÉTOILES
Les étoiles s'appelaient jadis les fixes, d'après Topînion généralement admise qu'elles restaient toujours dans les mêmes positions relatives. Pour ceux qui n'observaient le ciel qu'à l'œil nu, les constellations conservaient, en effet, perpétuellement les mêmes grandeurs et les mêmes formes. Quelques astronomes s'étaient fortifiés dans ces idées en notant sur les globes tracés d'après les plus ancien^ catalogues , diverses combinaisons de trois étoiles qui, situées exactement sur un grand cercle de la sphère, devaient sembler rangées en lignes droites, et ils s'assurèrent que de leur temps cette 4ïiême disposition rectiligne existait. Riccioli citait dans son Aslronomia reformata vingt-cinq de ces combinaisons ternaires formant des lignes droites ; par exemple : la Chèvre , ' le pied précédent du Cocher et Aldebaran ; Castor, Pollux et le cou de l'Hydre; le bassin austral de la Balance, Arcturus et la moyenne de la queue de la Grande Ourse, etc. Mais ce n'étaient là que des approximations grossières. 11 est
maintenant établi que certaines étoiles oiît un mouvement propre angulaire apparent appréciable, qu'elles ne gardent pas les mêmes positions les unes par rapport aux autres , qu'elles finiront à la longue par sortir des constellations où on les voit aujourd'hui, que la dénomination de fixes ne leur convient pas.
Je vais indiquer quelques-unes des étoiles dans lesquelles les mouvements propres annuels sont constatés avec le plus d'exactitude.
Nous rangeons ces étoiles dans le tableau suivant, d'après l'ordre de l'importance des mouvements propres annuels observés :
« Grandeurs Valeurs
noms ^ jjgg Diouveinents
des étoiles. jj^^y^ propres.
La 2151 • de la Poupe du Navire 6* 7".871
• de l'Indien 6* à 7» 7 .740
La 1830* du catalogue des étoiles circumpolaires de Groombridge , située sur la limite qui sépare les Chiens de chasse
de la Grande Ourse T 6 .97/i
L'étoile double du Cygne, marquée la
. Étoile double ^ de l'Éridan 5* à Zi« 4 .080
p. de Cassiopée li* 3.740
a du Centaure 1" 3 .580
Arcturus i" 2 .250
Sirius 1" 1 .234
i de la Grande Ourse f. 3« à 4* 0 .7Zi6
La Chèvre V 0 .46i
Wéga l'* 0 .400
Aldebaran l'« 0 .185
La Polaire. . . . .' 2* 0 .035
Il était assurément bien naturel de supposer que les mouvements propres seraient plus considérables dans les étoiles brillantes que dans les étoiles faibles. Cela s'est