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LIVRE XÏII. - MOUVEMENTS DES ÉTOILES

trouvé vrai dans beaucoup de cas ; mais , chose singulière, les plus forts mouvements propres connus apparliennent à des étoiles très-peu brillantes, et on peut dire qu'aucune étoile de première grandeur ne marche avec une vitesse comparable aux vitesses des étoiles de 6® et T grandeur qui se trouvent en tête du tableau précédent. Les astronomes croyaient jusqu'à ces dernières années que le mouvement propre de chaque étoile s'exécutait dans le même sens ou en ligne droite, et avec une vitesse uniforme. On a récemment élevé des doutes sur la réalité de cette conception théorique, du moins en ce qui concerne Procyon et Sirius. En discutant les positions de ces étoiles correspondantes à des époques bien choisies, Bessel a cru trouver, quant à la vitesse du mouvement propre de ces deux astres et quant à leur direction , des irrégularités manifestes et qui l'ont conduit à supposer que l'une et l'autre de ces étoiles circulent à la manière des étoiles doubles autour de centres d'attraction obscurs situés dans leur voisinage. M. Struve, qui est aussi une autorité, a élevé des doutes sur les résultats obtenus par le directeur de l'Observatoire de Kœnigsberg. Des observations ultérieures décideront la question ^.

Si l'on calcule en lieues, d'après les distances à la Terre que nous avons données pour quelques étoiles (liv. IX, chap. XXXII, t. i, p. 436), les valeurs des mouvements propres de ces mêmes étoiles que nous venons d'exprimer en secondes de degré, on trouve :

1. Le compagnon de Sirius a été observé ( voir 1. 1, p. /i9/i), mais il D*est pas obscur. Sirius appartient à la classe des étoiles doubles.

Noms Vitesses par second*

des étoiles. de temps.

Lieues

ArctUTus. 21.3/i

61« du Cygne 17.90

La Chèvre 10.Zi7

Sirius 9.89

i de la Grande Ourse 6.75

a du Centaure 4.73

Wéga ou a de la Lyre 1.83

La Polaire ; . O./iO

On voit ainsi que les corps que Ton avait cru pouvoir considérer, dans l'univers où tout s'agite, comme un exemple de la fixité, sont précisément ceux qui présentent les plus grandes vitesses dont on ait trouvé jusqu'ici la matière animée. Et encore doit-on remarquer que les nombres contenus dans le tableau précédent ne mesurent que des déplacements relatifs du Soleil et de chaque étoile , qu'ils ne représentent pas les valeurs absolues des mouvements propres des astres, si improprement appelés fixes, qu'ils n'expriment que les projections des vitesses stellaires sur une sphère factice, et que nous ne connaissons ni les directions ni les valeurs absolues de mouvements dont la rapidité étonne l'imagination.

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