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LIVRE XVI. — MOUVEMENTS DES PLANÈTES

planètes au Soleil, et il put construire un système du monde qui n'aura plus rien à redouter de l'examen sévère de la postérité (fig. 181). Dans le système de Copernic, la Terre circule autour du Soleil en emportant avec elle

1)Sa

Fig. !8I. — Systèmp planôtaire île Copernic.

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la Lune comme satellite. Mais Tillustre astronome ne renonce encore ni aux déférents excentriques, ni aux épicycles, pour expliquer les irrégularités des mouvements du Soleil, des planètes , et certaines variations imaginaires dans la précession des équinoxes et dans l'obliquité de l'écllplique. Selon le grand astronome de Thorn, la Terre était animée de trois soi'tes de mouvements : le premier, dans le cours du jour et de la nuit, autour de son axe, de l'occident vers l'orient ; le second, dans l'espace d'un an , le long de l'écliptique dans le même sens de l'occident vers l'orient; le troisième, qu'il appelait de déclinaison, ayant lieu en sens inverse des signes du zodiaque ou de l'orient vers l'occident.

Le troisième mouvement avait pour but de permettre l'explication des phénomènes des saisons et des phénomènes du mouvement diurne. 11 faut d'abord admettre que dans son mouvement de circulation autour du Soleil, la Terre se meut de manière que son axe de rotation reste toujours parallèle à lui-même ou soit dirigé vers les^ mêmes régions de l'espace. Cette nécessité avait été parfaitement sentie par le chanoine de Thorn, et comm^ elle ne paraissait pas concîliable avec les idées qu'on avail^ à son époque d'un mouvement de révolution autour d'uncentre, il avait supposé que la Terre qui , suivant les sen^de ce même mouvement, aurait dû avoir toujours les» mêmes parties tournées vers le Soleil , éprouvait sur elle — même de petits déplacements en vertu desquels son ax(^ restait constamment parallèle à lui-même, c'est ce qu'i l appelait le troisième mouvement de la Terre.

Copernic, comme les anciens philosophes, croyait

qu'un corps ne pouvait tourner autour d'un centre que s'il était soutenu par un corps solide, par une sphère de cristal, par exemple, à la surface de laquelle il était fixé. Dans ce cas, c'était toujours la même partie du corps qui regardait le centre dans toutes les positions que prenaient les points correspondants de la sphère par un mouvement de rotation. On ne concevait pas alors qu'un corps pût tourner librement autour d'un centre sans être soutenu, que la partie A de ce corps (fig. 182), qui

Fig. 182. — Gircalation d'nn corps autour d'un centre.

allait en avant ou dans le sens du mouvement à une certaine époque, pût, lorsque la demi-révolution autour du corps central était achevée, marcher pour ainsi dire à reculons ainsi que le représente la ligure.

Lorsque les notions de mécanique se furent perfectionnées, on vit bien que le mouvement de circulation d'une sphère autour d'un centre et son mouvement de

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rotation sur ellc-inônie sont tout à fait indépendants Tud de l'autre ; qu'une sphère peut circuler en restant constamment parallèle à elle-même, de manière que la partie qui, dans une portion de la courbe, est en avant du mouvement, soit en arrière lorsque la demi -révolution est achevée.

Galilée montra par une expérience très-ingénieuse l'indépendance des deux mouvements en question ; il prouva dans son troisième dialogue qu'une sphère peut être douée d'un mouvement de révolution plus ou moins rapide, autour d'un centre éloigné, sans cesser de rester parallèle à elle-même. Pour cela, ayant placé une sphère dans un vase rempli d'eau, il prit ce vase dans sa main, et, le bras tendu, il lui donna un prompt mouvenient de révolution autour de sa personne en tournant sur ses talons. Ce mouvement de rotation n'empêcha pas les parties de la sphère flottante de rester toujours dirigées vers les mêmes régions de l'espace.

Cette expérience a été répétée sous une autre forme par les.successeurs de Galilée; voici comment elle est décrite dans un ouvrage de Bouguer sur le mouvement des apsides (périgée et apogée).

J'avertis que je cite de mémoire.

Supposons qu'un corps de forme quelconque soit soutenu par une pointe très-fine passant par son centre ,de gravité, et que cette pointe repose sur un plan de métal bien lisse; cela étant admis, supposons que l'on donne à ce plan un mouvement de révolution autour d'un centre, soit en le transportant dans toutes les parties d'une grande salle, soit en le tenant à bras tendu à une certaine distance

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