CHAPITRE IV
SUR LES MOYENS DE RECONNAÎTRE, QUAND ONE COMÈTE SB MONTRE, SI ELLE PARAÎT POUR LA PREMIÈRE FOIS, OU SI ELLE ATAIT ÉTÉ ANCIENNEMENT APERÇUE
Lorsqu'on a remarqué , ainsi que nous' le ferons voir plus loin en parlant de quelques comètes en particulier, à quel point la forme de la queue d'une comète , la forme de sa chevelure, celle du noyau, et l'intensité lumineuse de toutes ses parties, varient quelquefois en trois ou quatre jours , on ne peut guère espérer que dans deux apparitions d'un tel astre, séparées par un grand nombre d'années, les circonstances physiques de grandeur et d'éclat puissent conduire à le reconnaître. Aussi n'est-ce pas à de tels caractères que les astronomes se fient. Le
signalement^ qu'on me passe ce terme, ils le laissent de côté ; la route suivie est ce qui attire seulement leur attention.
Dès qu'une comète a été observée trois fois avec exactitude, on calcule ses éléments paraboliques, et Ton s* empresse de rechercher si dans le catalogue où, de tout temps, ces éléments sont régulièrement inscrits, et qui s'appelle le Catalogue des Comètes^ il en est d'à peu près semblables à ceux qu'on vient de trouver.
Les plus anciennes comètes dont on ait pu déterminer l'orbite ont été calculées d'après des éléments qui ont tous été fournis par des observations chinoises.
Tandis que les astronomes de la Chine suivaient , par exemple, avec assiduité et dans des vues scientifiques la marche de la comète de 837 (n° 10 du catalogue qu'on trouvera page 301), les peuples de l'Europe n'y voyaient qu'un signal de la colère céleste, à laquelle Louis le Débonnaire lui-même, après avoir consulté tous Tes astrologues de son empire, n'espéra pouvoir échapper qu'en fondant des monastères. Cette comète est, au reste, une de celles qui peuvent le plus approcher de la Terre. En 837, d'Après les recherches de Duséjour, elle resta pendant près de quatre fois vingt-quatre heures à moins d'un million de lieues de notre orbite.
La comète de 1456, c'est-à-dire celle de Halley, dans l'une de ses apparitions, est la plus ancienne dont on ait pu calculer la marche d'après des obsei^ations faites exclusivement en Europe.
Les astronomes modernes s'occupent avec beaucoup plus d'attention que les anciens des phénomènes que présentent les comètes. J'en citerai pour preuve le nombre A.-U. 18
des comètes dont les orbites étaient exactement déterminées à la fin de 1853; ce nombre s'élevait alors à SOI, sans compter les réapparitions constatées; il y en avait 137 à la fin de 1831, de telle sorte que, en vingt-deux ans, le catalogue des comètes s'est enrichi de 64 comètes ayant des orbites calculées. Si Ton tient compte de toutes les copaètes dont l'existence seule a été signalée soit par des observations imparfaites, soit seulement par les chroniques, on trouve que le catalogue général des comètes knentionne pour chaque siècle, en ne parlant toutefois que des constatations suffisamment authentiques, mais sans effacer les réapparitions de comètes périodiques autrefois inconnues, les nombres de comètes qui suivent e
Sièoles. Comètes obser? éts.