LIVRE XVIII. — MERCURE
tures , en comparant les observations faites en différents points et notamment celles des nœuds ascendant et descendant (liv. XVI, chap. xi, p. 252), on trouvera aussi les rapports des distances de la planète à la Terre et au Soleil, et la nature de l'orbile qu'elle décrit.
Une fois qu'il est démontré que Torbite de Mercure est une ellipse et que cet astre obéit aux lois de Kepler, toutes les observations qu'on en fait aux grands instruments des Observatoires, c'est-à-dire à la lunette méridienne et à la pendule sidérale , concourent à établir avec une grande certitude toutes les inégalités du mouvement réel et du mouvement théorique, et conduisent à calculer les influences perturbatrices des autres planètes. On arrive ainsi à obtenir des tables exactes du mouvement de l'astre dans l'avenir.
Le plan de l'orbite de Mercure forme avec le plan de l'écliptique un angle de T 0' 6'\ Cette orbite est une ellipse dont le Soleil occupe un des foyers. Le temps que la planète emploie à la parcourir tout entière, le temps de sa révolution dite sidérale, est de 87^.97 ou 2 mois 27 jours 23 heures 15 minutes et 46 secondes.
La distance moyenne de la planète au Soleil est de 0.387, la distance moyenne du Soleil à la Terre étant 1.
L'excentricité est égale à 0.206; la longitude du périhélie est de 74' 20' 42'', et la longitude du nœud ascendant de 45' 57' 38".
Ces éléments de l'orbite de Mercure ont été tirés d'un bon Mémoire de M. Le Verrier, publié en 1845 et intitulé Théorie du mouvement de Mercure. Le mérite d'un tel travail était assez généralement reconnu pour que
rauteor eût pu 8$ dispenser de lui attribuer des difficultés imaginaires. Lorsque les perturbations ont été complètement développées, et qu'on peut disposer d*un nombre suffisant d'observations, il n'est guère plus malaisé de faire des tables de Mercure que de toute autre planète.
Les équations de condition introduites par Mayer dans ce genre de recherches , ne pourraient manqua de conduire à peu près au même résultat , quel que fût le calculateur. Si Lalande était toujours obligé de revenir à la charge pour rectifier ses tables, c'est qu'il corrigeait un à un et arbitrairement les éléments d'où pouvait dépendre k différence entre l'observation et la théorie.
Ce n^était donc pas le cas de rappeler, sans lui assigner très-explicitement son véritable sens, r(q[>inian de Mœstlin qui, «s'il eût connu, disait-il, quelqu'un s' occupant de M^cure , se serait cru obligé de lui conseiller charitablement de mieux employer son temps, b
€e découragement du maître de Kepler était très-fondé à une époque où la planète n'avait été observée et ne pouvait l'être que dans un petit nombre de positions particulières, peu propres à faire connaître toutes les circonstances de sa marche.
Au reste, je ne dois pas priver mes collaborateurs des éloges justement mérités que M. Le Verrier leur adressait à l'époque de la publication de son intéressant Mémoire :
« Grâce au zèle et à l'habileté persévérante de ses astronomes^ dit M. Le Verrier, l'Observatoire de Paris possède un plus grand nombre d'observations de Mercure qu'aucun autre de l'Europe. Dans ces dernières années, depuis