PASSAGES DE MERCURE SUR LE SOLEII
Pendant l'intervalle qui s'écoule entre la disparition de Mercure le soir, et sa réapparition le matin , on voit quelquefois sur le Soleil une belle tache noire qui entre par le bord oriental du disque, s'avance avec une vitesse uniforme vers le centre, dépasse ce point, parvient au bord opposé et s'évanouit. Cette tache est Mercure s'interposant entre le Soleil et la Terre et produisant une véritable éclipse partielle de Soleil.
On peut s'assurer de cette vérité à ces caractères divers. La tache se meut, de l'orient à l'occident, comme se mouvait Mercure au moment de sa disparition, et à très-peu près avec la même vitesse. Elle a un diamètre égal à celui qu'avait la planète lumineuse quand on la perdit de vue le soir.
Cette tache noire ne peut d'ailleurs être confondue avec les taches dont le Soleil est souvent parsemé ; celles-ci emploient un temps fort long, près de 14 jours, à parcourir les cordes visibles du disque solaire suivant lesquelles elles se meuvent (liv^ xiv, chap. in, p. 81) ; la
tache exceptionnelle dont nous parions fait le môme trajet en une petite fraction de jour. Les taches solaires , proprement dites, marchent comparativement avec trèsrpeu de rapidité quand elles occupent le bord du Soleil; la tache actuelle est douée de la même vitesse près de$ deux bords et au centre. Les taches solaires offrent toigours dans leur contour de grandes irrégularités ; la tache dont Fapparition se trouve expliquée naturellement par Tinterposition de Mercure, est parfaitement ronde et sans rien qui puisse être comparé , quant à la visibilité et à retendue, aux espaces faiblement lumineux entourant les taches proprement dites, auxquelles on a donné le nom de pénombre. Enfm , cette dernière tache est d'un noir bien phis prononcé que les taches qui se forment dans Tatron* q)hère du Soleil. Mais on dépasserait ce que Tobservation autorise en concluant de ce fait que le corps qui par son interposition produit la tache, est d'une obscurité parfaite et n'émet absolument aucune lumière. Il est manifeste, en effet, comme nous l'avons prouvé en nous occupant précédemment (liv. xiv, chap. xx, p. 156) des taches du Soleil, que la noirceur de la tache actuelle peut être un phénomène de contraste et qu'en réalité elle paraîtrait, vuTe isolément , au moins aussi lumineuse que les régions du ciel qui entourent le Soleil.
Il faut donc chercher dans les phénomènes des phases la preuve que Mercure n'est pas lumineux par lui-même.
Alpétrage, astronome arabe, voulant expliquer comment Mercure ne s'était jamais montré à lui sur le Soleil > faisait cette planète lumineuse par elle-n)éme. Mais nous avons vu (p. 489) que l'orbite de Mercure n'est pas