LIVRE XyiII. — MERCURE. i
couchée sur le plan de Fécliptique, mais qu'elle fait avec celui-ci un angle d'environ 7^ Cette circonstance sert à expliquer pourquoi il y a un très-petit nombre de conjonctions inférieures , pendant lesquelles la planète se projette sur le Soleil.
Les passages de Mercure sur le Soleil ont été d'une grande utilité quand on a voulu calculer son orbite avec une grande approximation. Ils donnent, en effets des observations précises, faites dans les meilleures conditions d'exactitude, complètement authentiques, et que beaucoup d'astronomes , situés dans des lieux très-éloignés, concourent à rendre extrêmeinent utiles pour les progrès de la science.
Le médecin et astronome arabe Averrhoès, au xir siècle, crut avoir aperçu Mercure sur le Soleil, mais la planète ne sous-tend qu'un angle de 12^^ dans sa conjonction inférieure ; or, un objet rond et obscur de 12", lors même qu'il se projette sur le Soleil, n'est pas visible à l'œil nu; il est donc très-probable que l'observateur arabe n'avait vu qu'une tache solaire. Nous dirons la même chose des observations de Scaliger et de celles que fit Kepler le 28 mai 1607. Le premier qui ait incontestablement aperçu Mercure sur le Soleil , est ïiotre compatriote Gassendi, professeur au collège de France et chanoine de l'église paroissiale de Digne.
Le 7 novembre 1 631 , ce savant étant à Paris observa Mercure sur l'image solaire projetée sur une feuille de papier blanc, dans une chambre obscure, suivant le procédé mis en usage par Scheiner pour suivre les taches du Soleil.
Plein d'enthousiasme d'avoir enfin réussi dans une pa-
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reille observation, il s'écria, en faisant allusion à la pierre philosophale : c J*ai vu ce que les alchimistes cherchent avec tant d'ardeur, j'ai vu Mercure dans le Soleil. »
La seconde observation de ce curieux phénomène fut
faite en 1651 par Skakerlœus, qui s'était rendu tout exprès à Surate pour en être témoin^
Hévélius, en 1661 , observa le troisième passage de ki planète arrivé depuis l'invention des lunettes; mais, comme Gassendi, l'astronome de Dantzig ne visait pas directement à l'astre, il se contentait d'examiner l'image agrandie du Soleil dans une chambre obscure.
Enfin, en 1677, Halley vit à Sainte-Hélène un passage complet, je veux dire l'entrée et la sortie de la planète sur le disque solaire. C'est la première fois que le phénomène a été observé pendant toute sa durée.
Les autres passages de Mercure sur le Soleil, qui ont été observés, sont les suivants :
11 novembre 1690. — L'observation de la sortie a été faite à Nurenberg, à Erfurt, à Canton.
3 novembre 1697. — La sortie a été observée à Paris par D. Gassini et à Nurenberg par Wurzelbaur.
6 mal 1707. — La Hire avait annoncé un passage visible à Paris pour le 5 mai. Ce passage n*eut lieu que dans la nuit suivante, et la fin en fut entrevue à Copenhague par Rœmer, sans que cet astronome pût prendre aucune mesure exacte.
9 novembre 1723. — L'entrée de Mercure sur le Soleil fut observée à Paris par Maraldi et J. Gassini,
11 novembre 1736. — Ce passage fut le premier qu'on observa complètement à Paris. D'après les observations de Maraldi et de F. Cassini , il s'écoula 2" 40" entre l'entrée et la sortie de la planète.
2 mai 17/10. — L'entrée seule a été observée par Wintrop à Cambridge (États-Unis).