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LIVRE XVIII. — MERCURE

La valeur de 0.206 pour rexcentricité conduit à une distance périhélie de 0.307 et à une distance aphélie de 0.467, c'est-à-dire que la plus petite distance de Mercure au Soleil est de 11,666,000 lieues et la plus grande de 17,746,000 lieues.

Connaissant la distance de la Terre au Soleil , en un instant donné , et celle du Soleil à la planète , on peut toujours, les positions des orbites étant d'ailleurs parfaitement déterminées, obtenir par le calcul d'un triangle la distance de la Terre à Mercure. On trouve que la plus grande distance et la plus petite sont respectivement de 51,000,000 et de 18,700,000 lieues.

Mercure ayant presque toujours des phases, on ne parvient à déterminer avec certitude sa forme réelle, que lorsqu'on le voit négativement pendant son passage sur le Soleil.

Les astronomes qui ont vu passer Mercure sur le Soleil , ont rarement négligé de mesurer son diamètre en secondes, à l'aide d'observations micrométriques. Ce diamètre , ramené par le calcul à la distance moyenne de la Terre au Soleil , et comparé à celui que notre globe doit présenter à la même distance , a servi à calculer le rapport du volume de Mercure au volume de la Terre.

On se fera une idée des variations que cette appréciation a dû subir, en parcourant des yeux le tableau suivant des diamètres de Mercure ramenés à la distance moyenne de la planète au Soleil, observés pendant le passage de 1832, et en se rappelant que les volumes varient proportionnellement aux cubes des diamètres :

Bessel 6".70

Mœdler et Bcer 5".82

Gambart 5'M8

Le diamètre apparent de Mercure oscille de 4''. 4 à 12"; à une distance de la Terre égale à la distance moyenne de la Terre au Soleil, il a une valeur de 6'^75. Le diamètre réel est par conséquent de 1,243 lieues, ou les 391 millièmes du diamètre de la Terre. Le volume de la planète est donc égal à 0.060, celui de notre globe étant pris pour unité. La figure 219 montre les rapports des

ÔO

Fig. 219. — Grandeurs apparentes du disque de Mercure aux distances extrêmes

et à la distance moyenne de la Terre.

grandeurs du disque de Mercure, dans son plus grand éloignement de la Terre en A, dans sa distance moyenne en B et dans son plus fort rapprochement en C.

En observant le passage de Mercure en 1779, Lalande crut remarquer un aplatissement sensible dans la tache noire qui dessinait Mercure sur le corps du Soleil. Mais les moyens de mesure de l'astronome français étaient-ils suffisamment précis pour qu'il pût répondre d'une trèspetite fraction de seconde ?

On a cité à ce sujet une observation plus ancienne, faite par Gallet à Avignon, en 1677, avec une lunette de Borelli, de 7". 5, et dans laquelle Mercure parut ovale, son plus grand axe étant parallèle au plan de l'équateur. Mais n'aurait-on pas dû remarquer que le même observa-

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