‹ Astronomie populaireChapitre 245 sur 260 · LIVRE XIX. - VÉNUS · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. - VÉNUS

franchement, et avec toute raison, de véritable découverte.

L'affaiblissement de la lumière, depuis le bord extérieur et circulaire du croissant de Vénus jusqu'au bord elliptique intérieur, est un phénomène que tous les observateurs ont dû remarquer. A cet égard Schrœter et Hers* chel sont parfaitement d'accord. Seulement, l'astronome de Lilienthal , conmie nous l'avons déjà dit , admet que l'affaiblissement entre les deux bords est graduel, tandis que le second voit , au contraire, un changement brusque à partir de points très-voisins du contour circulaire.

On pourrait admettre que le décroissement de lumière observé entre le contour extérieur du croissant de Vénus, et le contour elliptique intérieur est un effet de pénombre, et l'attribuer au diamètre angulaire assez considérable que sous-tend le Soleil vu de la planète. La géométrie répond catégoriquement à cette supposition.

Le diamètre du Soleil , vu de Vénus , étant en moyenne de ii minutes , nul doute que vers la ligne de séparation d'ombre et de lumière il n'y ait des parties matérielles de la planète éclairées seulement par une portion presque insensible de cet astre, tandis que d'autres parties, au contraire, reçoivent à la fois des rayons qui émanent de tous les points de son disque.

Mais tout compte fait, sur le globe de Vénus, lorsqu'il sous-tend un angle de 60 secondes, les premiers de ces points, ceux qui sont à peine éclairés, ne doivent paraître distants des parties où la lumière du Soleil arrive tout entière que d'un tiers de seconde environ. L'amplitude angulaire dans laquelle s'opère le décroissement d'inten-

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site observé est bien autrement considérable ; ce décroissement n'est définitivement un effet de pénombre qu'à l'égard d'une part vraiment insignifiante de la phase.

Pour expliquer ces phénomènes, Herschel fut conduit à l'idée que la lumière de Vénus nous est principalement réfléchie par des nuages répandus dans son atmosphère.

Voici comment il s'énonçait touchant la lumière intense du contour extérieur du croissant : « Je m'aventure, dit-il, h l'attribuer à l'atmosphère de la planète ; cette atmosphère, comme celle de la Terre, est probablement remplie de matières qui réfractent et réfléchissent la lumière en abondance et dans toutes les directions. Conséquemment, sur le bord du disque où notre rayon visuel rencontre l'atmosphère obliquement (c'est-à-dire dans sa plus grande épaisseur), il doit y avoir un accroissement apparent d'éclat. »

L'explication est ingénieuse, mais elle prête à quelques diflicultés : on ne voit pas bien, par exemple, comment une lumière atmosphérique donnerait lieu à un contour extérieur du croissant de la planète, nettement tranché , parfaitement défini.

Des mesures du décroissement de l'intensité entre les deux bords du croissant, fourniraient des moyens de soumettre l'hypothèse à une discussion motivée ; on doit donc engager les astronomes à tenter tous les moyens possibles d'arriver à ces mesures. Je profiterai de l'occasion pour citer une observation d'où il semble découler que la dhninution d'intensité, entre les bords du croissant, est beaucoup plus rapide qu'on ne le suppose généralement. Lorsque dans la mesure du diamètre d'une planète.

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