‹ Astronomie populaireChapitre 254 sur 260 · LIVRE XIX. — VÉNUS · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. — VÉNUS

de la Terre en 1761, aurait sous -tendu un angle de 51^

Les diverses observations pouvaient se coordonner avec ces éléments dans les limites que comportait un calcul fondé sur des données obtenues seulement par voie d'estime. Une objection très-puissante au premier abord était produite contre l'existence du satellite. Pourquoi , disaiton , ne l'a-t-on pas vu se détacher en noir sur le corps du Soleil pendant le passage de Vénus? Lambert, d'après les éléments cités, répond à la difficulté de la manière la plus complète ; il montre qu'à cause de la grande inclinaison du plan de l'orbite à l'écliptique, le satellite se mouvait en dehors du disque apparent du Soleil , soit audessus, soit au-dessous, dans les passages de 1639, de 1761 et de 1769, les seuls qu'on ait observés depuis l'invention des lunettes.

Il découle du travail de Lambert que le satellite de Vénus, s'il existe, a un diamètre représenté par 0.28, celui de la Terre étant 1 , tandis que le diamètre de la Lime est 0.27;

Que sa distance à la planète qui le maîtrise est un tant soit peu plus grande que la distance de la Lune à la Terre ;

Que Vénus devrait avoir sept fois plus de masse que la Terre , et une densité huit fois plus grande , sur quoi il faut remarquer que de très-petits changements dans les éléments réduiraient considérablement ces nombres.

Si l'on n'a pas vu le satellite sur le Soleil , à l'époque des passages de Vénus, on aurait pu l'apercevoir pendant des conjonctions non écliptiques de la planète, et Tonne

cite aucune observation de ce genre ; mais on sait ce que valent les faits négatifs.

Remarquons, d'ailleurs, que la faiblesse du satellite, dans chacune de ses apparitions, prouve qu'il est d'une constitution peu apte à réfléchir la lumière solaire ; que peut-être il est doué d'une certaine diaphanéité , ce qui permettrait en quelque sorte de l'assimiler à nos nuages.

Mairan, qui croyait fermement à l'existence de ce satellite , expliquait ses rares apparitions par l'interposition habituelle de l'atmosphère solaire ou plutôt de la Imnière zodiacale , sur la route parcourue par les rayons qui viennent du satellite à la Terre. D'autres ont supposé que le satellite de Vénus, ainsi que tous les satellites connus, tourne autour de cette planète en lui présentant toujours la même face, et ont trouvé dans la combinaison de cette égalité avec les réflexibilités très-inégales des divers points de sa surface, une cause naturelle des trèsrares apparitions de l'astre mystérieux.

Mais c'est assez insister sur cet objet , j'ai voulu présenter au lecteur toutes les pièces du procès; chacun pourra ainsi se faire une opinion, qui, dans l'état actuel de nos connaissances, ne peut être que du domaine des probabilités.

FIN DU TOME DEUXIÈME DE l'aSTRONOMIE POPULAIRE

Page 1