LIVRE XIX. — VÉNUS, 53Î
grossissement de 240, appliquée ce second instrument, montra que la petite étoile avait une phase précisément semblable^ à celle de Vénus. La phase s'aperçut aussi à l'aide d'un grossissement de liO. Le diamètre du petit astre paraissait être le tiers de celui de Vénus ; sa lumière n'était pas aussi vive que celle de la planète, mais l'image paraissait parfaitement tranchée.
La distance du satellite à la planète était de 10' ^' au moment de l'observation.
Short rapporte qu'il aperçut Vénus et le satellite pendant une heure. La lumière du Soleil fit disparaître le satellite à 8** 1/4.
Pour prouver que les instruments employés à ces observations étaient en bon état , je dirai que le même jour. Short vit deux taches noirâtres sur le disque de Vénus.
Montaigne , astronome de Limoges, à qui des observations de divers genres, et surtout celles de plusieurs comètes avaient valu une certaine célébrité, vit quatre fois le satellite de Vénus du 3 au 11 mai 1761.
Lés observations de Montaigne se composent de la distance du satellite à la planète, et de ce qu'on a appelé, depuis surtout qu'on s'occupe des étoiles doubles, des angles de position. Le tout déterminé par estime.
La lunette avait 2". 74 de longueur, et grossissait de 40 à 50 fois. Le satellite présentait la même phase que Vénus; sa lumière était faible, et son diamètre paraissait s'élever au quart de celui de la planète.
Rœdkier, à Copenhague, vit la même apparence avec une lunette de 3 mètres de foyer, les 3 et 4 mars 1764. Les 10 et 11 du même mois, Horrebow et plusieurs
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curieux firent dans la même ville des observations analogues ; ils dirent s'être assurés par divers moyens que rimage qu'ils prenaient pour un satellite ne pouvait être une illusion d'optique.
Montbarron, à Auxerre, qui se servait d'un télescope grégorien de 90 centimètres , aperçut aussi le satellite les 15, 28 et 29 mars 176A., dans des positions notablement différentes.
Lambert, qui a discuté ces diverses observations avec toute l'habileté qu'on devait attendre d'un si grand géomètre, mentionne en tête de son Mémoire l'explication que le père Hell en avait donnée.
L'astronome de Vienne prétendait que ces images étaient le résultat d'une double réflexion de la lumière qui se serait opérée d'abord sur la cornée de l'œil, ensuite sur la surface de la lentille oculaire dont la concavité faisait face à l'observateur ; je veux dire sur la surface de cette lentille convexe, la plus voisine de l'objectif. A l'appui de cette explication, il rendait compte des mouvements que le déplacement de l'œil devait produire et avait produits, en effet, dans une fausse image observée par lui.
Sans s'arrêter à cette cause d'illusion , si facile à reconnaître, Lambert entreprit de déduire de quelques-unes des observations citées, les éléments de l'orbite d'un satellite, et il trouva que le mouvement s'exécutait dans un plan faisant avec le plan de l'écliptique un angle de 63" ; que l'orbite de l'astre avait 0.2 d'excentricité; que le temps de la révolution autour de la planète s'élevait à 11^.2; enfin que le grand axe, vu perpendiculairement