LIVRE XHI. - MOUVEMENTS DES ÉTOILES
extrême et qui offrent par conséquent des grossissements considérables, s'élevant de 3,000 à A^OOO fois, par exemple.
Mais avec un tel pouvoir amplificatif , le champ de la vision est très-borné. Si la lunette était immobile, un astre emporté par le mouvement diurne de la sphère céleste ne serait visible que pendant un très-petit nombre de secondes. Lorsqu'on doit employer de très-forts grossissements, comme cela est nécessaire pour une multitude de recherches astronomiques, il est donc indispensable que la lunette suive l'astre d'elle-même } il faut qu'elle soit montée de manière que , dirigée à l'orient au moment du lever, elle pointe à l'occident au moment du coucher, et qu'à toutes les époques intermédiaires, cette lunette, sans avoir besoin d'être touchée, change de direction et de hauteur de telle sorte que l'astre occupe toujours à peu près la même partie du champ de la vision.
Pour arriver à ce résultat, il faut, conformément aux idées d'un ancien artiste français, Passemant, monter rinstrument d'une manière particulière; il faut le faire tourner autour d'un axe parallèle à l'axe du monde, par l'intermédiaire d'un mouvement d'horlogerie; il faut que ce mouvement, au lieu de s'opérer par saccades, à l'aide d'un échappement, ait lieu d'une manière continue et uniforme, à l'image du mouvement majestueux du ciel étoile ; il faut que cet axe porte un cercle gradué parallèle à l'équateur et un autre cercle propre à donner les déclinaisons des astres observés.
Un tel instrument porte le nom d'appareil paralla-
tique ^ ; ii est d'une construction délicate et difficile. II faut d'abord établir le pied parallatique lui-même ( fig. 129), qui se compose de l'axe principal de rotation rendu parallèle à l'axe du monde ; du second axe perpendiculaire au premier et autour duquel peut tourner le cercle qui porte la lunette ; du mouvement d'horlogerie destiné à faire faire un tour entier à la lunette autour de Taxe principal dans un jour sidéral. Gomme la lunette en tournant autour du second axe peut être amenée à faire tous les angles imaginables avec l'axe principal parallèle à Taxe du monde , on conçoit que , grâce à la rotation de Taxe principal , la lunette pourra être dirigée successivement vers tous les astres du firmament et les suivre dans leur mouvement diurne.
On donne le nom d'équatorial (fig. 130, p. 48) à une lunette LL montée sur un axe autour duquel elle peut se mouvoir parallèlement à un cercle AA , qui lui-même peut tourner autour d'un axe parallèle à l'axe du monde, lorsque perpendiculairement à cet axe se trouve un second cercle EE, qui alors est nécessairement parallèle à l'équateur céleste. Nous avons montré ailleurs (liv. vu, chap. iv, t. I, p. 256 et suiv.) comment, à l'aide du cercle mural, de la lunette méridienne et de la pendule sidérale, on peut déterminer la déclinaison et l'ascension droite des astres lors de leur passage par le méridien du lieu de l'observation. Dans un certain nombre de cas , lorsqu'il
1. Et non pas parallactique ^ comme Tlmprlment la plupart des traités d'astronomie, attendu que Tinstrument en question sert, non pas à prendre des parallaxes, mais à mesurer des arcs de parallèles célestes.
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iO ASTRONOMIE .POPULAIRE.
s'agit, par exemple, d'un astre nouveau ou d'un astre qu'on n'aperçoit que rarement et qui doit passer au méridien assez près du Solei! pour qu'une trop vive lumière empêche de l'apercevoir, il faut pouvoir observer cet astre à tout autre moment. On a alors recours à l'équatorial qui permet de faire mouvoir la lunette LL dans un plan méridien quelconque, à telle heure que ce soit. On pourra ainsi comparer deux astres et obtenir avec la pendule sidérale la différence de leurs ascensions droites ; si l'ascension droite de l'un de ces astres est connue, on en conclura facilement celle de l'autre. Comme l'axe optique de la lunette pourra être successivement dirigé vers chacun des deux astres lors de leurs passages dans le plan choisi, on aura aussi avec exactitude la différence de leurs déclinaisons. Si l'on observe deux astres assez voisins pour qu'ils puissent passer tous deux dans le champ de la lunette sans qu'on ait besoin de la déplacer, on obtient la différence des déclinaisons en faisant mouvoir à l'aide d'une vis à tête graduée un fil transversal adapté au réticule de la lunette, de manière à l'amener successivement aux deux points où le fil méridien de la lunette a été traversé par les deux astres. Le cercle EE de l'équatorial doit, autant que possible, être monté sur un pied parai latique de façon qu'on puisse au besoin le faire mouvoir par le mouvement d'horlogerie à l'aide d'un mécanisme G, qui permette d'établir ou d'interrompre à volonté la liaison entre la lunette et son moteur.
L'Observatoire de Paris renfermait une collection complète d'instruments méridiens; ses cercles muraux, sa lunette des passages, pouvaient rivaliser sans désavantage