CHAPITRE II
MESURE DU DISQUE SOLAIRE — USAGES DES MIGROlfiTlES
ET DES HÉLIOMÈTRES
Le Soleil embrasse dans le ciel un espace d'environ un demi-degré en tout sens. Du bord supérieur au bord inférieur , du bord oriental au bord occidental , tous ses diamètres, enfin , mesurés de la Terre au même moment et alors que l'astre radieux est près du zénith, sous-tendent environ âO'.
Il faudrait donc 720 soleils tangents Ton à l'autre pour remplir le contour d'un grand cercle de la sphère céleste.
Nous avons vu déjà que la valeur du diamètre du disque solaire est loin d'être invariable avec le temps , qu'elle est plus grande en hiver qu'en été, qu'elle est au maximmn quand la vitesse angulaire du mouvement propre apparent le long de l'écliptique est elle-même maximum (liv. VII, chap. VIII, t. i, p. 275). On comprend donc que nous ne devions citer qu'une valeur approximative , puisque cette valeur est différente pour tous les jours de l'année , quoique aux époques correspondantes de deux années différentes elle revienne à l'identité. Quels sont les moyens employés par les astronomes pour obtenir de tels résultats?
Ces moyens consistent dans l'emploi d'instruments propres à mesurer les diamètres des planètes , les élongations des satellites, les distances des étoiles doubles, et en général tous les angles très-petits, c'est-à-dire des micromètres dont nous avons déjà indiqué le principe (liv. m, chap. XVIII, t. I, p. 132) • Ces instruments n'étaient pas encore connus au milieu du xvii* siècle. A cette époque , Grimaldi et Riccioli évaluaient plutôt qu'ils ne mesuraient les angles que les planètes sous-tendent en comparant leurs images dans la lunette aux images de cercles de papier dont les dimensions étaient connues, et qui étaient placés à des distances déterminées, Huygens modifia cette méthode défectueuse ; le procédé qu'il imagina, et dont il donna la description dans son Systema Saturnium^ consistait à placer au foyer commun de l'objectif et de l'oculaire d'une lunette, une lame de cuivre triangulaire, mobile entre deux coulisses établies aux deux côtés opposés du tube. En faisant glisser la lame, on cherchait dans quelle partie elle couvrait exactement le diamètre de la planète observée ; la largeur de la lame en ce point , comparée au diamètre de la pièce circulaire qui terminait le champ, et dont la valeur en minutes et secondes était déduite du temps du passage d'une étoile équatoriale, faisait connaître le diamètre cherché. Quelques astronomes substituèrent de longues fentes triangulaires à la languette pleine de Huygens; mais à peine est-il permis de regarder ce changement comme une amélioration.
Trois ans après la publication de l'ouvrage de ce célèbre géomètre, c'est-à-dire en 1662, le marquis de
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