‹ Astronomie populaireChapitre 33 sur 260 · LIVRE XIV. — LH SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LH SOLEIL

Malvasia donna dans ses Éphémérides la description d'un micromètre qui était composé de plusieurs fils d'argent déliés et perpendiculaires les uns aux autres. Par là , le champ de l'instrument se trouvait partagé en plusieurs espaces rectangulaires dont les dimensions en minutes et secondes étaient déterminées par le temps qu'une étoile connue employait à les parcourir. Cet appareil ne diffère de ceux qu'on adapte maintenant aux lunettes méridiennes et aux cercles muraux qu'en ce que les fils doivent y être très-rapprochés. Il ne paraît pas qu'à l'origine il ait obtenu beaucoup de crédit , sans doute à cause de la nécessité dans laquelle on se trouve, lorsque l'astre qu'on mesure n'est pas exactement compris entre deux fils, d'estimer la différence; à en juger cependant par le parti que Mayer a tiré de cette méthode dans son beau travail sur la libration de la Lune, cette évaluation peut se faire assez exactement , surtout lorsque les repères consécutifs comprennent entre eux de petits angles.

En 1666, Auzoutet Picard imaginèrent de substituer à la multitude de fils fixes dont se composait l'appareil que nous venons de décrire, deux fils dont l'un était attaché au corps de la lunette, tandis que l'autre pouvait se mouvoir parallèlement à lui- même à l'aide d'une vis. Ce changement capital a été généralement adopté , parce que le micromètre ainsi disposé se prête avec une facilité égale à la mesure de toutes sortes d'angles, et dispense l'observateur d'une estime plus désagréable encore par le doute qu'elle laisse toujours dans l'esprit que par les inexactitudes qu'elle peut entraîner. Du reste, l'emploi d'une vis comme moyen de mesure présentait

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des inconvénients graves, à l'époque d'Auzout et de Picard ; le défaut de l'inégalité des pas de la vis exposait à des erreurs d'autant plus dangereuses, que l'observateur n'avait presque aucun moyen de les reconnaître ou de les corriger. Aussi, au lieu de se fier aux indications de l'index. Picard préférait-il, après chaque mesure, déterminer l'écart des deux fils, en transportant tout l'appareil sur une règle dont il observait les divisions à l'aide d'un bon microscope. Cet usage, quelque inconamode qu'il fût, a prévalu assez longtemps parmi les astronomes.

Ce n'est que depuis quelques années qu'on a pu sans inconvénient se dispenser de toutes ces précautions ; regarder les tours de la vis, dans quelque sens qu'on l'ait fait mouvoir, comme la mesure de l'intervalle des fils, et lire immédiatement la valeur du diamètre qu'on observe sur le cadran à grandes dimensions dont la tête de la vis est année.

A mesure que la construction du micromètre se perfectionnait, les astronomes sentaient la nécessité de réduire la grosseur des deux repères entre lesquels l'astre devait être compris. Auzout et Picard, dès l'origine, avaient substitué des fils de cocon de soie aux lames et aux fils métalliques dont Huygens et Malvasia s'étaient servis; Gascoigne, d'après Townley, comprenait l'astre dont il voulait rechercher le diamètre entre deux pièces de métal dont les bords étaient très -aigus. Newton fit remarquer que les diamètres des planètes obtenus de cette manière étaient plus grands que les véritables, comme cela arrive pour toute ouverture pratiquée dans un objet obscur et se projetant sur un fond lumineux.

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