‹ Astronomie populaireChapitre 34 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

Hooke substitua des cheveux aux pièces de métal de Gascoîgne.

Les fils faits en soie de cocon, en cheveux, etc., ont été remplacés plus tard par les diagonales des toiles d'araignée , auxquelles on a pu récemment préférer les fils plus déliés encore d'or ou de platine obtenus par l'ingénieux procédé dont WoUaston a donné la description , procédé qui consiste à détruire par un acide le fourreau d'argent dont le platine ou l'or ont été entourés pour pouvoir être passés extrêmement fins à la filière.

La Hire proposa, en 1707, d'employer dans la construction du micromètre ces filaments de verre flexibles, déliés et diaphanes, qui, de son temps, étaient un objet de commerce, et qui se forment si aisément à la lampe d'émailleur. M. Brewster a reproduit cette idée, il y a quelques années ; mais aucune expérience , que je connaisse, n'a montré que ces fils aient quelques avantages sur ceux employés jusqu'à présent par les astronomes.

Telles sont les améliorations dont le micromètre ordinaire a été l'objet depuis son origine. Cet instrument a sur quelques-uns de ceux qui l'ont suivi l'avantage de fournir avec la même facilité la mesure de toutes sortes d'angles compris entre zéro et la valeur du champ de la lunette. Ses défauts assez nombreux sont de ne se prêter en astronomie qu'à la mesure des distances perpendiculaires à la direction du mouvement diurne ; de nécessiter une fixité de la lunette qui ne s'obtient presque toujours qu'aux dépens du grossissement , et d'exiger un appareil propre à éclairer les fils. Cette dernière condi-

tion nuit à rexactitude des mesures, et rend même ces mesures impossibles lorsque les astres qu'on observe sont peu lumineux. J'ai proposé de vaincre la difficulté de l'éclairage des fils en les rendant eux-mêmes plus ou moins lumineux à l'aide de l'électricité produite par une pile voltaïque; je suis convaincu qu'on arrivera à faire disparaître les inconvénients que cette application nouvelle a présentés dans les premiers essais.

Dans tous les micromètres à fils , il est très-difficile d'exprimer les effets de l'inflexion que la lumière peut éprouver dans le voisinage des fils; la moindre altération dans la situation et dans la quantité de la lumière qui éclaire le champ, change le zéro ; il est rare de trouver des vis exemptes de ce que les artistes appellent des temps perdus, c'est-à-dire des vis dont les filets sont partout également espacés; la fixation du point zéro et de la valeur des parties de l'échelle est sujette à maintes difficultés. Pour toutes ces raisons, un bon instrument de ce genre doit avoir un prix très-éievé, et il ne peut être placé qu'en des mains très-habiles. On sentira combien un micromètre fondé sur d'autres principes, et qui serait exempt de la totalité, ou même seulement d'une partie des défauts que je viens de signaler, serait utile, et pourrait contribuer aux progrès de l'astronomie.

C'est à Bouguer que les observateurs doivent l'invention d'un micromètre fondé sur des principes tout nouveaux. Cet habile physicien imagina de placer à côté l'un de l'autre et à l'extrémité d'un seul tuyau deux objectifs de foyer égal et qui correspondaient à un même oculaire. Par là on obtient deux images qui peu-

vent s'apercevoir d'un même coup d'œil, et dont la distance est réglée par celle qui sépare les centres des deux objectifs. Cette distance étant variable à volonté, peut servir d'échelle de mesure , et la détermination de la valeur d'un angle perpendiculaire, parallèle ou oblique au mouvement diurne, se réduit à l'observation de la tangence des images que chaque objectif produit. Le propre de cet instrument est de ne pas exiger que la totalité des images à mesurer soit visible, de ne point limiter par conséquent les grossissements, et de permettre à l'observateur de transporter les deux segments tangents, à l'aide de manivelles, dans la partie du champ de la lunette où les objets se peignent avec le plus de netteté. Ce micromètre de Bouguer, auquel il donna le nom d'héliotnètre*, date de l'année 1748, et est antérieur de dix ans è la découverte des lunettes achromatiques (liv. m, chap. XI, t. I, p. 111). Si à cette époque il était déjà permis de regarder comme un défaut capital de l' héliomètre d'exiger dans sa composition l'emploi de deux lentilles simples de même foyer, ce défaut ne dut-il pas sembler plus grand lorsque les astronomes eurent senti la nécessité d'employer exclusivement dans leurs observations des objectifs composés. Mais ces difficultés disparaissent entièrement à l'aide d'un changement proposé par Dollond , et qui consiste à substituer les deux moitiés d'un même objectif aux objectifs entiers dont se servait Bouguer.

Les deux parties d'une même lentille agissent pour

1, De ^Xioç, soleil, et {Aérp&v, mesure.

donner la même image focale ; si on sépare ces deux parties, comme le représente la figure 132, chacune des

Fig. 132.— Moitiés d*objectifs employées dans les héliomètres.

deux moitiés fonctionnera de même que la lentille entière, et on obtiendra deux images. Quand les deux demi -lentilles étaient juxtaposées, leurs deux images étaient superposées. En faisant glisser la moitié B sur la moitié A, on laisse immobile l'image m produite par A, et on peut mesurer le chemin que parcourt la moitié B pour que l'image n qu'elle fournit arrive exactement au contact de la première. Le chemin mesuré par une vis donne évidemment la valeur de l'angle sous lequel on voit le diamètre apparent ab de l'astre (fig. 133) qu'il s'agit d'évaluer. Si,

Fig. 133.— Évalaation par l'héliomètre de l'angle sous- tendu par le diamètre

apparent d'un astre.

une fois qu'on est arrivé au contact, on fait tourner la demi-lentille, et si l'on amène l'image n successivement en n', n'', n'^'.., de manière à lui faire toucher tous les

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