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LIVRE XIV. — LE SOLEIL

n'avaient été employés que séparément, savoir du changement de grossissement de la lunette combiné avec la double réfraction du cristal de roche. En conservant une certaine mobilité à Tune des lentilles dont se compose le double oculaire d'un télescope, on se procure le moyen de changer le grossissement, ou, ce qui revient au même, de faire varier à volonté les dimensions de l'image focale; si la lentille ne doit faire que des excursions peu étendues, elle pourra ne pas être achromatique , sans que la lunette perde rien de sa bonté. Cela posé , il est clair que pour amener l'image à avoir au foyer du dernier oculaire une grandeur déterminée, il faudra employer un grossisse* ment d'autant plus considérable que l'objet sous-tendra un angle plus petit. Il n'est pas moins évident que le rap* port des grossissements sera toujours égal à celui de ces angles, de sorte que si l'observateur pouvait conserver le souvenir des dimensions sous lesquelles une mire terrestre connue se présentait dans une position donnée de l'oculaire, il aurait la valeur de tout autre objet quel* conque en parties de cette mire prise pour unité , en cherchant quel grossissement doit avoir la lunette pour que les dimensions apparentes de l'objet soient égales aux dimensions semblables de l'image primitive. Mais on conçoit , sans que je le dise , qu'une observation de ce genre ne pourra avoir d'exactitude qu'autant que l'astronome aura simultanément en vue l'objet qu'il veut mesurer et la mire de comparaison. En prenant pour mire deux fils fixes et placés au foyer du dernier oculaire , on aurait le micromètre de Rœmer et de La Hire, qui ne peut servir que pour les diamètres perpendiculaires au mouve-

ment diurne. En appliquant le même appareil à grossisseitient variable à Théliomètre de Bouguer, on pourrait placer les deux moitiés d'objectifs à une distance constante et mesurer toutes sortes de diamètres; mais les défauts de parallaxe propres à cet instrument ne seraient pas changés. Il est facile de voir que l'emploi de l'oculaire variable dont il s'agit ici n'apporterait non plus aucune amélioration ni au micromètre à prisme de Maskelyne , ni au micromètre dioptrique de Ramsden , ni à aucun des instruments semblables de M. Brewster.

Il n'y aurait pareillement aucune raison de remplacer le mouvement rectiligne du prisme de cristal de roche dans le micromètre de Rochon , par le changement de pouvoir amplificatif ; mais ce moyen deviendra très-commode si on adopte la disposition que je vais décrire.

Cette disposition consiste à mesurer la dernière peinture aérienne de l'objet qu'on observe, non pas, comme dans tous les micromètresdont j'ai parlé jusqu'ici, par un mécanisme situé dans l'intérieur de la lunette ou devant l'objectif, mais à l'aide d'un prisme achromatique de cristal de roche dont la place est marquée entre la dernière lentille oculaire et l'œil , précisément dans le point où l'on fixe le verre coloré qui , dans les observations du Soleil , est destiné à affaiblir la trop grande vivacité de sa lumière. Ce prisme oculaire donnera deux images qui seront séparées, superposées en partie ou tangentes, suivant que la peinture amplifiée de l'objet qu'on observera sous-tendra un angle plus petit, un angle plus grand ou un angle de même valeur que l'angle de la double réfraction du cristal ; or, la disposilion des verres de l'oculaire

permettant de faire varier par degrés le pouvoir amplificatif de la lunette, il sera toujours possible de satisfaire à cette dernière condition, et cela d'autant mieux que l'observation de la tangence de deux ijnages se fait avec une grande exactitude.

Un oculaire ordinaire, formé de deux lentilles a et b, dont l'une h est mobile à l'aide d'une crémaillère d, et un prisme c achromatique très-petit et par conséquent très-mince, de cristal de roche, sont donc les seules pièces dont le nouvel instrument se compose (fig. 137). Pour

Pig 137

avoir avec cet instrument la mesure d'une ligne quelconque dans quelque sens qu'elle soit placée relativement à la direction du mouvement diurne, il suffit de diviser l'angle invariable de la double réfraction dans le cristal par le grossissement auquel on s'était arrêté lorsque les deux images étaient tangentes, grossissement qui, pour chaque position de la lentille intermédiaire, a dû être déterminé par une expérience à part.

Tant d'astronomes et d'artistes habiles se sont occupés du perfectionnement des moyens d'observation ; tant d'in-

slruments ont été exécutés ou décrits , surtout depuis un certain nombre d'années, qu'il semble à peine possible d'imaginer en ce genre une combinaison nouvelle, qui diffère essentiellement des combinaisons qui déjà ont été mises en pratique. Aussi depuis longtemps tous les perfectionnements, tous les changements qu'on a apportés dans la construction des nombreuses espèces d'instruments auxquelles, suivant les cas, l'astronome est forcé d'avoir recours, sont-ils, pour ainsi dire, de pure maind'œuvre, ce qui au reste ne doit rien ôter de l'importance qu'on leur accorde, et qu'ils méritent effectivement. Cette assertion , dont la justesse sera sentie par tous ceux à qui l'histoire de l'astronomie est familière, et qui est surtout vraie lorsqu'il s'agit de micromètres, m'imposait l'obligation de faire précéder la description du micromètre que j'ai présenté au Bureau des Longitudes le 19 octobre 1814, d'un aperçu dans lequel je me suis efforcé de renfermer l'histoire exacte de cette classe d'instruments.

Dans mon micromètre oculaire à grossissement variable, la tangence des deux images s'obtient en faisant varier le grossissement de la lunette à l'aide d'un changement dans la distance des deux lentilles de l'oculaire composé. Ce changement de distance n'est pas sans inconvénient ; il faut après chaque altération dans la position des deux lentilles se remettre au foyer. Ajoutons que pour avoir le meilleur effet possible de l'oculaire double, il est nécessaire que les deux lentilles dont il se compose soient à une distance déterminée ; qu'en deçà et au delà de cette Umite , les images perdent un peu de leur netteté ; qu'enfin ce procédé micrométrique est sans applica-

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