LIVRE XIV. — LE SOLEIL
Le faisceau de lumière qui sort de l'oculaire d'une lunette étant très-condensé, communique au verre coloré qu'il traverse , une chaleur locale très-intense ; de là des dilatations brusques, le craquement du verre, la destruction de son poli. On évite ces effets en établissant le verre coloré entre l'oculaire et l'objectif, dans une place où le faisceau lumineux n'a pas encore subi l'extrême condensation dont il vient d'être fait mention. William Herschel rapporte que cet artifice lui a très-bien réussi. Il doit avoir , ce me semble , un très-grave inconvénient : celui d'altérer la netteté de l'image (car les verres colorés sont rarement exempts destries), et de soumettre ensuite les altérations au grossissement des oculaires. Dans la place usuelle de verre coloré, quand ce* verre est en dehors des oculaires, les défauts dont il peut être la cause ne sont point grossis; l'image focale conserve toute la pureté que le télescope comporte ; elle n'est pas plus déformée que si on la regardait à travers le verre à l'œil nu.
William Herschel a proposé de substituer au verre coloré, le liquide qu'on obtient en faisant passer de l'encre étendue d'eau à travers un filtre de papier. Ce liquidé laisse au Soleil sa teinte blanc de neige : les inégalités, ou, si on le préfère, les accidents de lumière dont la surface de cet astre est parsemée, se voient alors beaucoup mieux. J'ajouterai que la teinte blanche doit aussi permettre d'étudier dans toute leur extension les phénomènes dépendant de la force dispersive de l'atmosphère.
II est une circonstance importante qu'Herschel dit avoir constatée. Suivant cet observateur , le liquide en
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question absorbe la majeure partie des rayons calorifiques qui sont mêlés à la lumière solaire. L'œil appliqué à Toculaire se trouve ainsi soustrait à une cause d'inflammation qui a été fatale à plus d'un astronome.
L'encre filtrée qu'Herschel substituait au verre coloré, était contenue dans un petit récipient terminé par deux glaces planes, polies et à faces parallèles. Le tout se plaçait un peu en avant de l'oculaire , de telle sorte que les rayons arrivaient à l'image focale déjà affaiblis.
Le moyen de perfectionner les observations solaires proposé par Herschel , malgré tout l'avantage que Fauteur semblait s'en promettre, n'est pas devenu usuel.