‹ Astronomie populaireChapitre 73 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

cœsareum imprimé en 15/^0, que de son temps quelques persomies faisaient usage de diverses combinaisons de verres colorés collés ensemble par les bords* Il est vrai-

ment extraordinaire qu'une méthode si simple ait tant tardé à devenir générale, et particulièrement qu'après rinvention des lunettes un astronome tel que Galilée n'y ait pas eu recours. Les verres colorés auraient probablement préservé cet homme illustre des maux d'yeux dont il souffrit si souvent, et de la cécité complète qui affligea ses dernières années.

La première application des verres colorés aux lunettes est due, je croîs , à Scheiner. Dans sa lettre à Velser du 12 novembre 1611, nous lisons qu'aux époques de la journée où le Soleil, à cause de sa grande hauteur, ne pouvait pas être regardé impunément, il couvrait l'objectif avec un verre vert plan. Dans un ouvrage de 1612, De maculis in Sole, etc., Scheiner recommandait des verres couleur d'azur et disait que les marins bataves , quand ils prenaient hauteur (à l'œil nu, sans lunettes), se servaient de verres colorés pour affaiblir le Soleil. Le verre coloré de Scheiner se plaçait devant l'objectif. Il devait donc être assez grand ; il fallait de plus qu'il fût d'une matière très-pure, bien poli et à faces parallèles ; sans ces conditions la régularité des images télescopiques aurait été fortement altérée. Serait-ce là ce qui empêcha Galilée d'adopter la méthode? Mais alors pourquoi ne plaça-l>-il pas, comme on le fait aujourd'hui, le verre coloré en dehors de la lunette, entre l'œil et l'oculaire. Dans cette position le verre obscurcissant peut n'avoir que quelques millimètres de diamètre. Il n'est nullement

un ASTRONOMIE POPULAIRE.

nécessaire qu'il soit très-pur, à faces exactement parallèles et d*un poli en quelque sorte mathématique. Le plus ancien ouvrage à ma connaissance, où il soit fait mention (J'un verre^ coloré interposé entre Tœil et l'oculaire de la lunette est de 1620; il est intitulé : Barbonia Sidéra, etc., par Jean Tarde, chanoine de la cathédrale de Sarla.

L'œîl ne pouvant endurer la vive lumière de l'image solaire qui se forme au foyer d'une lunette ou d'un télescope, tous les astronomes regardent aujourd'hui cette image focale à travers un verre coloré en rouge ou en vert, et qui communique sa teinte aux rayons lumineux.

Ainsi l'astre radieux ne se voit pas dans son état naturel. Le choix des verres colorés dont il faut se servir pour atténuer l'intensité des images télescopiques du Soleil, a une grande importance. Il en est de même de la position qu'on assigne à ces verres affaiblissants. Puisque divers astronomes voués à l'étude de la constitution physique du Soleil, sont devenus aveugles, faute d'avoir donné à cette branche importante de l'art d'observer une attention suffisante, je dois résumer ici quelques-uns des résultats auxquels est arrivé William Herschel en soumettant la question à des expériences développées et à une étude approfondie.

Les verres rouges, lors même qu'ils ont affaibli la lumière solaire de manière qu'on puisse aisément la supporter, transmettent une grande quantité de rayons calorifiques dont l'œil de l'observateur souffre beaucoup.

Les verres verts interceptent la majeure partie de la chaleur; mais, à moins d'une épaisseur démesurée, ils laissent à la lumière une intensité blessante.

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