‹ Astronomie populaireChapitre 89 sur 260 · LIVRE X.1V. - LE SOLEIL. U · texte numérisé non relu

LIVRE X.1V. - LE SOLEIL. U

on un plus grand nombre de ces corps superposés doivent produire toutes les nuances d'obscurité offertes aux observateurs parles taches solaires. [Tr ans. philos. ^ t. xxvii.)

Crabtree, qui a combattu celte ridicule opinion dans une lettre adressée à Gascoigne lui-même, fait remarquer que, suivant cette hypothèse, les taches changeraient continuellement de forme, comme change une volée d'oiseaux, et qu'elles auraient les vitesses les plus inégales.

Derham imaginait que les taches solaires sont toujours les effets de quelques éruptions volcaniques. Les fumées, les scories projetées constituaient, suivant lui, la tache noire. L'apparition plus tardive des flammes et des laves incandescentes donnait naissance aux facules. Mais ce système est renversé d'un seul mot : les facules se montrent souvent avant les taches noires.

Francis Wollaston doit être classé aussi parmi ceux qui ont regardé les taches comme des cratères de volcans. Cet astronome ajoutait au système de ses prédécesseurs cette condition, que les cratères se trouvaient élevés, qu'ils étaient situés sur des sommités de montagnes.

Maupertuis croyait-il vraiment donner une théorie des lâches solaires, en disant : « Ce sont des corps qui nagent dans un fluide (incandescent), qui en paraissent comme les écumes, ou qui s'y consument. » D'où viennent ces corps? pourquoi sont-ils entourés de pénombres? pourquoi existe-t-il des rapports de position entre eux et les facules? etc. : de tout cela pas un seul mot.

Lalande. développant un aperçu de Fontenelle, admit que la matière lumineuse dont le Soleil est entouré, éprouve un flux et un reflux. Par suite de cette marce,

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d'énormes rochers pourraient de temps en temps poindre à la surface du liquide. Dans ce système, les portions rocheuses situées au-dessus de la matière incandescente, constitueraient les noyaux des taches ; les parties sd)ai3sées au-dessous du niveau général formeraient les pénombres. Mais qui ne voit que ces pénombres ne seraient pas alors bien terminées, que leurs régions les plus sombres devraient toucher les noyaux? Cette conséquence, d'après les témoignages de Gassini et de La Hire, est contraire aux observations. Si d'autres objections semblaient nécessaires, je demanderais comment il arrive que les noyaux se divisent. Le système de Lalande ne peut pas supporter un examen sérieux, surtout en présence de cette observation due à Galilée, et qui montre que les taches noires ne font pas saillie au-dessus de la photosphère. Galilée a remarqué en effet que Tintervalle lumineux compris entre deux taches équatoriales, quelque petit qu'il soit au moment où ces taches atteignent le centre du disque, subsiste encore près des bords, tandis que si leur hauteur était sensible, elles se projetteraient alors l'une sur l'autre et ne paraîtraient former qu'une tache unique.

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