‹ Astronomie populaireChapitre 93 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

une portion différente; la plus ou moins grande opacité du nuage amènerait un affaiblissement de la lumière terrestre. A certaines époques il y aurait peu de taches; ensuite on pourrait en voir beaucoup; ici elles s'étendraient, ailleurs elles se rétréciraient ; ces taches participeraient au mouvement de rotation de la Terre, en supposant que notre globe ne fût pas fixe; et comme elles auraient une profondeur très-petite comparativement à leur largeur, dès qu'elles s'approcheraient du limbe, leur diamètre s'amoindrirait notablement. » Scheiner entoura le Soleil d'un océan de feu, ayant ses mouvements tumultueux, ses abîmes, sesécueils, ses brisants. Hévélius y ajouta une atmosphère sujette à des générations, à des corruptions semblables à celles que l'atmosphère terrestre nous offre. Huyghens ne vit que deux suppositions possibles touchant la nature de la portion incandescente du Soleil ; elle ne pouvait être, selon lui, que solide ou liquide. Il se montre d'ailleurs très-disposé à admettre que le Soleil est liquide. (Cosmotheoros^ traduction française de 1718.) Jusqu'à présent je n'ai eu à citer que des explications vagues. Les théoriciens ne semblaient pas avoir songé à tous les détails du phénomène. Comment apparait-il quelquefois des taches noires à la surface du Soleil, telle était presque l'unique question qu'ils se fussent proposé de résoudre. Nous trouverons maintenant des Vues plus complètes : les pénombres, les facules de tous les genres ne seront plus mises en oubli ; elles prendront une place dans les spéculations des astronomes. Parmi ces spéculations, celles d'Alexandre Wilson occuperont le premier rang par leur date, et j'ajoute aussi par leur nouveauté.

A.- IL iO

En illky Tingénieux observateur de Glasgow prouva, à t'aide d'observations dont on a vu plus haut l'analyse (chap. XIV, p. i3i) , que les taches sont des excavatioi^s au fond desquelles se trouve la partie appelée le noyau. Dès ce moment il admit que le Soleil est composé de deux matières de nature très-différente. La masse de l'astre devint pour lui un corps solide non lumineux et noin Cette grande masse éts^it recouverte d'une légère couche d'une substance enflammée, dont Tastre devait tirer toutes ses propriétés éclairuites et vivifiantes. Les taches ^ipp^r raissaient lorsqu'un fluide élastique, élaboré dans la masse obscure du Soleil, s'élevait à travers la masse lumineuse, l'écartait, la refoulait , et laissait voir à nu une poirtion du globe obscur intérieur. Les talus de l'excavation constituaient la pénombre. Après avoir vainement essayé d'expliquer les divers phénomènes des taches en faisant fluide l'enveloppe lumineuse, l'auteur découragé déclara s'être abandonné quelquefois à l'idée que cette enveiq)pe éclairante ressemble par sa consistance à un brouillard épais. Il put présenter alors des vues assez satisfaisantes sur la disparition, par empiétement, des noyaux, sur la persistance de la pénombre après cette disparition, etc. Il avoua, avec une franchise bien rare, ne rien savoir touchant la nature des facules. En outre, oii ne voit pas pourquoi, les talus de la cavité constituant la pénombre, celle-ci est plus claire près du noyau que partout ailleurs.

Un volume publié à Berlin , en 1776 , par la Société des amis de l'investigation de la nature, renferme un Mémoire de Bode oii les idées de Wilson se trouvent reproduites avec quelques variations importantes. L'astro^

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