LIVBE XIV. - LE SOLEIL. U
nome a^emand fait du Soleil un corps obscur comme notre Tçprre, solide en partie, en partie couvert dé liquides, parsemé de montagnes, sillonné de vallées, «nfin .enveloppé d'une atmosphère de vapeurs et d'une atmosphère lumineuse. La première atmosphère empêche 1^ seconde (l'atmosphère lumineuse) d'aller toucher le corp9 solide du Soleil.
Lorsqu'une agitation quelconque, ajoute Bode, occasionne un déchirement dans l'atmosphère lumineuse, nous apercevons le noyau solide de l'astre, toujours trè&-obscur par rapport à la vive clarté qui l'entoure, mais pilus ou moins sombre cependant, suivant que la portiop ainsi découverte est une vaste mer, une vallée resserrée ou une plaine unie et sablonneuse.
La nébulosité qui environne souvent les taches , poursuit l'astronome de Berlin, provient de ce que l'atmosphère lumineuse n'est entièrement déchirée que vers le miUeu. A partir de ce point milieu et jusqu'à une certaine distance, l'atmosphère lumineuse est seulement réduite d'épaisseur. La nébulosité peut donc exister seule, ou continuer à paraître après la disparition de la tache noire.
L'auteur trouve l'explication des fécules en donnant à l'enveloppe lumineuse du Soleil une. forme irrégulière , plus ou moins élevée en certains endroits , plus ou moins déprimée dans d'autres. Les vagues de la mer, dit-il, si apparentes quand on les voit du rivage, seraient peu visibles pour qui les observerait d'un point situé verticalement au^essus d'elles. Telle est aussi ja raison qui fait que les facules disparaissent ordinaireipent en allant du bord au centre.
4i8 ASTRONOMIE POPULAIRE.
Je m* arrête : il serait certainement superflu de reproduire ici les considérations que Bode a longuement développées sur le bonheur dont jouissent les habitants du Soleil , perpétuellement éclairés par leur atmosphère lumineuse, perpétuellement échauffés par les rayons calorifiques provenant des combinaisons de cette même atmosphère et de l'atmosphère grossière qui la supporte; admirant le spectacle de la création à travers les ouvertures que nous prenons de la Terre pour un amas de scories noirâtres, etc. , etc.
Pendant les vingt dernières années du xvin* siècle, peu d'astronomes s'occupèrent, soit d'une manière suivie, soit passagèrement, de la constitution physique du Soleil , sans en revenir à l'idée que la lumière émane d'une atmosphère incandescente.
Dans un Mémoire de Michell, portant la date de 1783, je trouve, par exemple, ce passage très-explicite : « La clarté excessive et universelle de la surface solaire, provient probablement d'une atmosphère lumineuse dans toutes ses parties et douée aussi d'une certaine transparence. Il résulte de cette constitution que l'œil reçoit des rayons provenant d'une grande profondeur. »
J'ajoute que Schrœter publiait à Erfurt, en 1789, un ouvrage où chacun peut lire : « On ne saurait douter que le Soleil n'ait une atmosphère dans laquelle s'opèrent des condensations fortuites, qui nous paraissent des nuages obscurs. »
En poursuivant ainsi le cours des siècles , on arrive à William Herschel , et l'on trouve des idées de plus en plus plausibles sur la constitution de notre astre radieux.