HUITIEME PACK DU MOI
Le 16 juillet, on lit
Ainsi, le 3* et le 4* satellites sont seuls visibles; 1 et 2 sont si* tués devant la planète, l'un à gauche, l'autre à droite.
55. Il est aisé de conclure de ces différentes indications quel est le vrai mouvement actuel d'un satellite, puisque tous procèdent d'occident en orient pour l'habitant de Jupiter. Si je lis qu'un satellite est tu à droite, et par conséquent situé du côté gauche , et qu'il se rapproche , j'en inférerai qu'il est dans le quart de son orbite qui , situé a notre gauche, est le plus voisin de nous; qu'il s'avance vers le disque, et doit bientôt le traverser par-devant Si le point eût été placé de l'autre côté du chiffre, l'astre aurait encore été à gauche, mais dans le quadrans le plus éloigné de nous, tendant vers l'élongation , etc. . .
56. Il est maintenant bien facile de distinguer quel est, parmi les satellites qu'on voit , celui qui va s'immerger , et sur lequel il faut porter toute son attention ; car Péclipse est prédite, p. 7, et , par les configurations , on sait donner à chacun son nom , c.-à-d. l'affecter du n° qui le distingue , d'après la place* relative qu'il occupe. Cette place peut, en effet, être fixée, pour toutes les heures, par le sens du mouvement qu'il se trouve avoir à l'heure désignée.
Relativement à l'immersion, il faut remarquer que l'on n'entend pas par ce mot l'instant où le satellite devient invisible en se cachant derrière le globe planétaire , mais celui où il entre dans son cône d'ombre , ce qui est tout autre chose. On doit donc examiner d'abord de quel côté de Jupiter ce cône est dirigé à notre égard.
Soient S le Soleil (fig. i3), J la planète. L'axe du cône d'ombre projetée est le prolongement de la droite S J , qui joint les centres des deux astres; l'orbite de la Terre est AtBT , cinq fois moins éloignée que J du Soleil S. Le satellite <* circule autour de J, dans le sens indiqué par une flèche. D'abord , l'éclipsé ne peut avoir lieu que dans la par* tie de l'orbite qui est au-delà de Jupiter, où la marche nous
paraît dirigée de droite à gauche, dans le sens, où elle a lieu en effet.
Si la Terre est vers A, Jupiter sera près de la conjonction, passera au méridien presque en même temps que le Soleil, et nous cachera son cône d'ombre; nous ne pourrons voir ni les éclipses, ni même Jupiter, qui sera caché par le Soleil ou par l'éclat du jour. Dans les jours voisins, tant avant qu'après la conjonction, la même chose aura lieu, parce que la planète sera plongée dans les feux du Soleil, dont la lumière ne permet pas de faire des observations de ce genre *, et comme il est inutile d'indiquer alors des éclipses que personne ne peut voir sur la Terre, la Conn. des Tems n'en marque aucune, non plus que les configurations : c'est ce qui arrive du 18 novembre 1829 jusqu'au 18 janvier i83o. Voilà environ 2 mois où les éclipses et les configurations ne sont pas indiquées. Comme les conjonctions de Jupiter avec le Soleil ne se reproduisent que tous les 399 jours , il y a des années ou la Conn. des Tems n'offre presque pas de ces lacunes ; telle est l'année i83o.
Quano! la Terre est en B, Jupiter est en opposition, passe à minuit au méridien , et cache son cône d'ombre ; il n'est pas possible de voir les éclipses ; mais pendant les jours voisins, l'observation est facile.
Lorsque la Terre est vers T , après l'opposition , le cône d'ombre est du côté gauche de la planète ; c'est donc de ce côté qu'il faut attendre, soit l'immersion , soit l'émersion d'un satellite. Nous le voyons à la gauche du disque avant qu'il entre dans l'ombre, et aussi après qu'il en est sorti; cependant, comme le corps de la planète nous cache la région droite de son ombre , nous ne pouvons voir que l'émersion du icr et du 2e satellite ( et même du 3e, si ce n'est quand Jupiter est en quadrature). Cette émersion se fait, aussi bien que l' immersion , vers la gauche ou l'orient , le satellite courant dans le sens qui paraît l'écarter du disque de la planète. Quant au 4e satellite, comme son orbite est plus étendue , il entre au cône d'ombre en des points assez éloignés pour qu'on puisse
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voir l'immersion et l'émersion, du moins si elles arrivent dans un temps de nuit favorable.
Toutes ces circonstances ont lieu après l'opposition , c'est-àdire quand le Soleil et Jupiter nous paraissent ensemble telle* ment situes, que Jupiter se lève et se couche après le Soleil» et passe au méridien le soir avant minuit.
Mais si la Terre est placée vers /, avant l'opposition, le Soleil se lève à l'époque où la planète descend vers le couchant ; celle-ci passe au méridien depuis minuit jusqu'à midi ; l'ombre de Jupiter est projetée du côté droit , ou vers l'occident. La portion orientale du cône est cachée par le disque ; on ne peut voir les émergions du 1er et du ae satellite (ni même celles du 3*, si ce n'est à la quadrature). Les immersions L sont seules visibles ; ce sont elles qu'on peut observer du côté droit ou occidental de Jupiter, le satellite marchant dans le sens qui parait le rapprocher du disque de cette planète. Ainsi, tant que Jupiter passe au méridien le soir avant minuit , on ne peut voir que les émersions des deux ou trois premiers satellites, et il faut les attendre du côté oriental, le satellite marchant vers cette région et s'écartant de la planète sur le coté gauche ; mais si Jupiter passe au méridien après minuit 9 c'est au contraire l'immersion qu'on pourra voir, et elle aura lieu du côté occidental , le satellite se rapprochant de la planète. Pour le 4e satellite , les deux phases sont visibles tant avant qu'après l'opposition , et du côté de Jupiter où Fombre et la marche viennent d'être indiquées.
Dans les lunettes qui renversent les objets, ces apparences arrivent des côtés opposés.
57. Lorsqu'on s'est préparé à voir une immersion , la lumière du satellite s'affaiblit peu à peu , jusqu'à l'instant où elle disparaît totalement. L'observation présente une incertitude de quelques secondes, parce que la force de la vue de l'observateur , la fatigue que son organe ressent par une longue attention , la bonté de la lunette , la pureté de l'air, contribuent à rendre le résultat plus ou moins exact. Il n'est pas rare qu'après qu'on a cessé de voir le satellite, il re-
paraisse tout à coup, parce qu'il n'était pas encore éclipsé , et qu'on ne l'avait perdu de me qu'à cause des circonstances qui viennent 'être énomerées. Aussi , quand on observe une immersion, faot-il encore compter les secondes quelque temps après la disparition dn satellite , en continuant de l'observer, pour s'assurer si Ton n'est pas trompé par un prestige.
Le moment de Fémersion est encore pins douteux , parce qu'on ne peut pas juger le lien précis ou le petit astre montrera sa lueur croissante.
Aussi , les observations d'éclipsés de satellites ne peuventeHes donner les longitudes terrestres arec une grande précision -, cependant , comme elles sont faciles a faire , et qu'elles ne nécessitent aucun calcul , ce procédé est précieux pour la Géographie, qui est si peu avancée, qu'on est loin de dédaigner des moyens médiocrement exacts, surtout s'ils sont d'une facile application. Nous donnerons plus tard (n° 206) un exemple de ce genre de calcul.
Pages neuf, dix , onze et douze du mois.
58. Nous exposerons plus tard (n° 175) comment on peut déterminer la longitude terrestre d'un lieu, en mesurant la distance de la Lone, soit au Soleil, soit à un autre astre. La méthode des distances lunaires est d'une fréquente application en mer , et cette partie de la Conn. des Tems est spécialement destinée à ces sortes de calculs. On y trouve les distances de la Lune au Soleil et à quelques étoiles voisines de récliptique. Ces distances sont données de 3 en 3 heures, et pour les dates du mois où elles peuvent être observées de quelque endroit du globe.
Ce sont des distances vraies, c'est-à-dire telles que les verrait un observateur transporté au centre de la Terre , s'il n'y avait pas d'atmosphère ; ces distances sont donc exemptes de parallaxe et de réfraction. Les heures sont solaires de temps vrai à Paris. Voici comment on calcule ces distances.
Soient / le centre de la Lune (fig. 16) , * celui du Soleil ou