TRAJECTOIRES RÉELLES
La vitesse des taches le long de leurs trajectoires est très variable, comme il résulte de ce qu’on les voit en projection. La vitesse uniforme doit être multipliée par le sinus de l'angle que fait avec le plan de pro- Jection son vecteur représentatif. Elle est done nulle quand la tache apparait au bord oriental et disparaît au bord occidental: elle est maxima quand la tache se projette sur la projection de l'axe de rotation.
Corrélativement la même tache apparaît extrêmement mince, comme
. vue de champ, lorsqu'elle est voisine du bord; elle semble s'élargir à
mesure qu'elle se rapproche du milieu de sa course apparente. Elle.
décroît ensuite pour disparaître comme un simple trait. Tout porte à croire que les taches sont des dépressions.
Les trajectoires apparentes ne sont pas les trajectoires instantanées ; ce sont des ellipses déformées en raison du déplacement relatif de la Terre et du Soleil. En raison du mouvement du pôle de rotation solaire sur le disque, la trajectoire réelle est constituée par des arcs d'une série d’ellipses dont les centres né coïncident pas.
Je sortirais du cadre de cet ouvrage en étudiant la constitution des taches et les théories par lesquelles on cherche à expliquer les variations
de la vitesse avec la latitude. Je dirai seulement quelques mots de la constitution générale solaire, pour fixer les idées du lecteur. .
Constitution du Soleil.
— Le Soleil est une masse incandescente te ou liquide donnant un re continu, entourée par une atmosphère de vapeurs qui, par. leur absorption, produisent dans le spectre des raies noires, en supprimant les radiations qu'elles émettent elles-mêmes. Comme elles absorbent plus qu'elles n'émettent, l'effet global se traduit par des vides dans le spectre continu. On a catalogué plus de 20 000 raies noires.
En identifiant ces raies aux spectres de raies brillantes données par les corps que nous connaissons portés à l’état de vapeur, on conclat que nos métaux et quelques métalloïdes (hydrogène, silicium, carbone...) entrent dans la matière solaire. En définitive si notre globe était à la température du Soleil, il donnerait précisément le spectre solaire à un observateur éloigné. Au reste on a toujours admis entre le Soleil et les planètes üne communauté d’origine, par suite une communauté de a
— Réalisons une image réelle du disque solaire ; étudions les spec- Le de ses diversés parties en plaçant la fente 4 spectroscope en diverses régions de l’image réelle. Ces spectres ne sont pas absolument identiques, mais les Re s'expliquent par le principe de Düppler- Fizeau ($ 65). Le bord oriental s'approche de nous, le bord occidental s’en éloigne. sn |
Pour fixer les idées, donnons au Soleil un rayon de 695-500 kilomètres, c’est-à-dire une circonférence équatoriale 4°367: 740 kilomètres.
Ni pour la durée de révolution sidérale :
25,35 jours — 2:190-:140 secondes. &
Nous trouvons une vitesse linéaire équatoriale presque exactement de 2 kilomètres par seconde. La différence des vitesses du bord oriental et du bord occidental parallèlement à la droite qui joint la Terre au Soleil, est donc de 4 kilomètres. A la précision des mesures spectroscopiques, c’est bien ce que l'expérience indique.
Conformément à ce que nous disons ci-dessus, il ble que la période de rotation solaire croît de 25 à 30 jours quand, on passe de l'équateur aux parallèles ayant 75° de latitude. |
L'avantage de la méthode spectroscopique pour la détermination de la vitesse, est de pouvoir continuer les expériences jusqu'à des latitudes
élevées (75°), dans des régions où l'on ne voit pas de taches. Son inconvénient est l’absence de précision qui résulte du déplacement minime des raies spectrales.