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Pput-i'lic, inossipuis, ne savez -vons pas ee que c'est que le pal ?...
Ji i.KS Jam\. — L'Aue mort.
Je frissonnai , et je crus que ma dernière lieure êlall aiiiiée.
P. .Mkhimke. — L'Enlèvement de la redoute.
En véi*it(3 , il mérilait bien do conimantlcr la llyhie et sou hideux équipage.
Telle fut la première réflexion du capitaine Benoît lorsqu'il se trouva face à face avec ce personnage.
Figurez-vous un homme ilc taille alhlélique, avec un visage pâle et plombé , un Iront plissé , un uez long et mince , d'épais sourcils d'un noir de jais , et des yeux d'un bleu clair et vitreux d'une fixité insupportable ; un menton large et carré , des joues creuses , recouvertes d'une barbe épaisse à luoitié longue , et puis enfin une bouche bordée de lèvres minces et blafardes , agitées par un tremblement convidsif presque continuel, tjui, par exemple, lais-
saionl voir, pourquoi no l'avoucraif-on pas, (\o forf belles dents parfailement rangées.
Pour tout vêtement, il portait une grosse chemise bleue à moitié usée qu'il attachait ordinairement autour de ses reins avec un bout de bitord ; aussi Benoît put-il admirer à son aise la force puissante de ses membres musculeux, bruns et velus.
Seulement ses mains , toutes malpropres , toutes noires qu'elles étaient, témoignaient, par leur forme longue et effdée , par la délicatesse de leurs contours, témoignaient, dis-jc, d'une certaine distinction de race...
Le commandant Brulart (car il avait un nom et s'appelait Brulart j, même aucuns disent un nom ancien , un nom historique , qui , déjà illustre sous François P' , fit pdlir plus d'une fois les généraux de Charles-Quint ; quant à moi , je ne crois guère à ces dires : toujours est-il que AI. Brulart était assis sur un vieux coffre , et avait devant lui une petite table tachée de graisse et de vin sur laquelle il s'appuya quand il vit entrer Benoît.
Ce fut donc la tête dans ses mains, les coudes sur la table, son regard clair et perç.ant attaché sur le bon homme , qu'il s'apprêta à engager la conversation.
Benoît, voulant lui épargner la peine de commencer, prit la parole avec dignité :
tt Saurai-je enfin pourquoi... ■ — mais Aï. Brulai't l'interrompit de sa grosse voix :
— Poil quoi toi-mrwc! chien ; au lieu de Tii'in-
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fpiTOgrr, ropoiuls... Pour(|uoi as-fii (Mr si loiif^tomps à iiipKiT ton ()ur(/i/c en panne? d
A ces mots, le front de M. Benoît se colora d'une vive et légitime indijjnation ; il fût pent-étre resté impassible pour une injure adressée à lui personnellement, mais insulter son brick... sa Catherine! appeler son joli navire une Ourque! c'était plus (ju'il n'en pouvait supporter ; aussi reprit-il vivement :
tt Alon brick n'est pas une Ourque, entendez-vous, malhonnête, et si je n'avais pas an bas màt trop pesant, je rendrais les huniers à votre bateau... »
Ici M. Brulart fit trembler la goélette aux éclats de son gros rire, et continua sans changer de position.
a Tu mériterais bien, vieille carcasse démâtée, que je te fisse amarrer à une ligne de lock, et que je te f... à la mer... à la remorque de ma goélette pour que tu puisses juger si elle file bien;... mais je te réserve mieux que ça... oui, mon vieux, mieux que ça, — dit Brulart en voyant l'air étonné de Benoît.
— Mais ce n'est pas encore l'heure ; dis-moi , d'où viens-tu?
— Je viens de la côte d'Afrique, je fais la traite, j'ai mon chargement , et je vais à la Jamaïque pour y vendre mes noirs...
— Je savais tout cela mieux que foi , je te le demandais pour voir si tu mentirais...
— V ous le saviez?...
— Je te suis depuis (îoi-ée...
m ATAR-(iULL.
— C'est donc vous. . . que j'ai vu avant l'oura'fan. , . dans la brume...
— lu peu... ainsi touche-là, confrère , salut !... — dit lîmlart en tirant une mèche de ses épais cheveux noirs , comme si c'eût été la corne d'un chapeau ; — Ah ! . . . nous faisons la traite ! et moi aussi. . . j'en suis enchanté.
— J'étais sur que nous nous entendrions , — dit Benoît un peu rassuré par celte parité d'état.
— Mais, dis-moi, tes noirs, où les as-tu pris? car l'ouragan nous a séparés , et je ne t'ai retrouvé que cette nuit.
— Sur la côte... à l'embouchure de la rivière des Poissons ; ils m'ont été vendus par un chef de Kraal des grands Xamnquois , c'est une partie des petits Xnmaquois qui provenait d'une prise faite pendant la guerre...
— Ah ! vraiment. . .
— Mon Dieu, oui, j'avais même eu l'idée, si mon chargement n'eut pas été complet, de descendre jusqu'au fleure Rouge , qui est à peu près à trente lieues dans le sud-est de la rixdère des Poissons.
— Pour ?
— Pour compléter mon chargement avec des grands Xamaquois , car ils se sont fait des prises des deux cotés ; et si les grands iVamaquois vendent les petits, les petits mangent les grands Namciqnois.
— Ah ! ils les mangent î
— Ils les mangent à la croque-au-scl... — répc'ta lîenoîf tout à fait rassuré , eu faisant l'agréable , —
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ainsi commandant, vous voyrz , puisqu'ils Ips man- (][rnl , ils les vendraient peut-être à bon marclié aussi, elje vous enseigne cet endroit comme loi hcii coin.
— Oh î moi , je prends mes cargaisons de noirs ailleurs... c'est une combinaison à part... une espèce de tontine dans laquelle ^V^///or//.v beaucoup...
— Ah!... — fit Benoît ouvrant ses petits yeux, — c'est une tontine... pourrai-je en être?
— Gomment! mon brave, tu y es déjà!...
— Déjà... — dit Benoît, qui n'y comprenait rien.
— Déjà... Mais, dis-moi, tu as quitté la rivière des Poissons?
— Hier soir... mais cette tontine...
— Bien, ton estime t'éloi<»ne de la rivière?. .
— De vingt lieues environ et cette tonlii.e
que ?. . .
— Et tu es sur que les iietits Xamaquois du fleure Rouf/e ont aussi fait prisonniers des grands Namaquois !
— Sur, sur, c'est leur chef Taroo qui me l'a dit ; mais vous voyez, conmiandant, qne je m'amuse aux lanternes, tout ce que je puis faire pour vous, c'est de vous donner s"x tonnes d'eau et deux barils de biscuit; vous concevez qu'avec près de quaire-vitigis noirs à bord et vingt hommes d'écjuipage , c'est beaucoup;... mais nous cuusei-ons di! la tontine, et vrai, conune (Catherine est riion épouse, je me sd'ujv.e pour vous.
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— C'est lo mot , — dit Rrulart on souriant d'iinp façon singulière.
— Je ne puis pas faire un fifrelin de plus, — ajouta Benoît d'un air décidé...
— Je te jure pourtant, moi, par tous les reins que j'ai brisés!... » cria Brulart.
Et il leva sa tête d'entre ses mains...
tt Par tous les crânes que j'ai fendus. . . n Et il se dressa debout.
tt Par tous les gosiers que j'ai échancrés ! » Et il marcha sur Benoît.
tt Par tous les navires que j'ai pillés! »
Et il regarda le malheureux capitaine sous le nez.
a Que tu feras davantage pour moi, monsieur des çirands Xamaquois .
— Me trahirais-tu? — demandaBcnoît pâle comme la mort.
— Si je te trahis?... »
Et à peine Brulart a\ ait-il terminé ces mots, qui f jrent accentués lentement , qu'un rire tout homérique, ou plutôt tout méphistophélétique, oumieux encore , un vrai rire de hyène , souleva sa large poitrine.
« Ah! gredin... bigre de forban... » dit l'honnête Benoît en lui sautant au cou...
Mais Brulart saisissant les deux bras de Benoît, les emprisonna dans son poignet de fer , tandis que de l'autre main il dénoua la corde qui lui servait de ceinture, et, en quelques minutes , Benoît fut ficelé, lié, enchevêtré, de manière à ne pouvoir faire le plus
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Ucror niom onieiit ; apri's quoi Brularl l(> posa en (ravors sur son grand coffre, en lui disant : « A tout à l'heure, nous allons rire... coiijrne. •:■>
Va il monta sur le pont au bruit des imprécations , des injures, des bigres, des hurlements du malheureux Benoît, qui sautait par soubresauts sur son coffre comme un poisson sur le sable.
ATAR-r.ULL.