‹ Atar-GullChapitre 24 sur 59 · SONGE. US · texte numérisé non relu

SONGE. US

Alors il ('tait dans une vaste chambre , lonto tapissée (le soie amarante brochée d'or, éclairée par linvisible foyer d'une lumière égale et pure.

An fond , se dressait un lit de bois de sandal , magnifiquement incrusté de nacre et d'ivoire, couvert d'une riche dentelle et entouré d'élégants rideaux rouges qui laissaient pénétrer dans l'alcove une lueur faible , rose et mystérieuse.

Puis, de légers tourbillons d'une vapeur embaumée , s'échappant de riches cassolettes de bronze , adoucissaient le vif et brillant éclat de délicieuses peintures qu'ils semblaient voiler.

Et ces tableaux voluptueux faisaient battre les artères et porter le sang au visage...

On entendit marcher... et lui se cacha dans un petit réduif, proche de l'alcôve.

Alais de là il pouvait tout voir...

Elle entra suivie de ses femmes...

C'était peul-ètrc une reine, cai' elle portait un éblouissant diadème sur son beau et noble front.

Et apercevant un lis (|u'// avait posé sur sa toilelte, elle sourit. ..

Alais bientôt, impatiente, emportée, elle gronda ses femmes, car chaque fleur, chaque diamant, cha- (|ii(' bijou, tombaient avec une lenteur bien cruelle !.. .

Eiilin sa loui'de robe bleue, toute roide d'or et de pierreries, glissant à ses pieds, laissa nues ses épaules d'albàlre , larges et rondes, avec une petite fdssette an milieu.

Va l'on vit sou cou gracieuv et cet endroit si blanc,

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si doux, où naît une chevelure brune, lisse cl e|)uisse, éléguiiiment rele\ée , |)ei«|née, lustrée...

Klle se retourna...

Sa figure d'uu parfait ovale avait une expression rayonnante... ses grands yeux bleus étiueelaicnt biiinidcs et brillants , sous des sourcils châtains, étroits et bien arqués que ses désirs haletants fronçaient un peu...

Sa gorge bondissait d'une façon étrange et laisail craquer son corset.

Elle croisa sa jolie jambe sur son genou, et dénoua, ou plutôt rompit avec violence les longs cordons de soie qui attachaient un petit soulier de satin.

Et puis enfin elle renvoya ses femmes; elle voulut, quel capi'ice ! les suivre jusqu'au bout d'une galerie qui communiquait à son appartement.

Après avoir soigneusement fermé la porte de cette galerie, rapide comme un oiseau elle vola dans sa ehambre.

u Oh mon amour, mon seul amour, ■;> murmura- 1-elle en tombant dans ses bras, à lui qui, debout, la soutenait en sentant avec ivresse le contact électrique de ce corps, d'admirables proportions.

a Tiens, — disait-elle tout bas,... — aujourd'hui... partout tes louanges, partout on disait ton nom , mon adoré ; partout on disait ton courage , ton noble caractère, ta beauté... et hem-euse, fière je me disais : décourage, ce noble cœur, cette beauté, tout est à moi... mon Arthur î

— Oh! Marie... quel doux i-i'veil !... n'ai-je pas

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rrv('', mon anf|e... (jiio tu m'avais trahi... fur... qiio sais-jo, moi ! me pardoniics-tii, dis?

— Xoii, non.... tu mourras palpitant sons mes baisers, » dit-elle en bondissant comme une jeune panthère, et lui mordant les lèvres avec une amoureuse frénésie...

tt Oh ! viens, viens, -d dit-il, et l'on entendit crier les anneaux d'or des rideaux soyeux de l'alcôve... »

tt Mais, mille millions de tonnerres de diable, — luu-lait /e Malais à la porte de la dunette, qu'il ébranlait de toutes ses forces, — il est donc mort... capitaine... c'est la goélette qui est à poupe, et maître le Borgne qui dit que nous sommes chassés... capitaine... capitaine! w

Cet infernal bruit tira Brulart de son sommeil fantastique, a Déjà... D s'écria-t-il douloureusement (je le crois) en regardant à travers les joints de ses persiennes.

Kt tout avait fui avec le réveil ; il ne restait qu'un vajjue et confus souvenir (pii ne faisait que l'accabler davantage.

Le dieu retombait brifj;and.

Kt, sans se donner la peine d'ouvrir sa porte verrouillée et fermée, d'un effroyable coup de tête il la de fonça au moment où le Malais frappait encore ; celui-ci lut rouler à v ingt pieds...

r4(i .\TAu-t;iLi.

Fort heureusement , car Brulart l'ent tué.

Mais que devint le capitaine, lorsqu'il vit la tçoèlette en panne, et qu'il entendit le Borgne lui crier :

«. Ahçà, vous êtes donc sourd, capitaine, voilà une heure que je m'égosille à vous héler ; nous sommes chassés, et par une frégate , je crois ; il n'y a pas à lanterner... je vais aller vous trouver, et nous causerons... vite... car elle a honne hrise, et c'est un vilain jeu à jouer... Tenez... voyez-vous ce signal qu'elle vient de faire encore !

— F..., ;) dit Brulart.

ri\ m MVRK TROISIbniK.

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