CHAPITRE
I, .\ K L K T IKEC H AI'K.
11 y a dans mou cœur uii levain iioiiible di' nuautc. — Je voudrais que ceux qui ont fait souffrir les autres souffrissent une fois tout ce qu'ils ont fait souli'rir. Je voudrais que celte impression fût déchirante, et profonde , et atroce, et irrésistible. — Je voudrais qu'elle saisît l'ànie comme un fer ardent ; Je voudrais qu'elle pénétrât dans la moelle des os comme un plomb fondu ; je voudrais qu'elle enveloppât tous les or'janes de la vie comme la robe dévorante du centaure !
Ohari.ks Nopikr. — Itoi lie Hokêine.
Enliu, mon enfant, ce bon serviteur, non content de prodiguer au vieillard les soins les plus louchants , le nourrissait de son pain , ce qui vous prouve qu'on ne doit jamais rudoyer les domestiques.
Contes à Lulo, par un académicien. — Edition larp.
Ki^urcz-vous une de ces noires et antiques maisons du vicu\ Paris, située vers le milieu de la rue Tireehape. . . — \enf étages, je crois , couleur brune et sale, solives saillantes, fenêtres étroites et sombres , escalier raide , obscur, véritable labyrintlir^ dans lequel on ne peut se guider qu'au moyeu d'une ijrosse corde à puits, yrasse et luisante de létuslé...
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puis une république d'industrieux prolétaires, allant, venant, courant, montant, nichant et pullulant dans ces cellules étagées et entassées au-dessus les unes des autres comme les cases d'une ruche à miel.
Et pour pivot, pour centre de toutes ces existences de travail et de fatigue, une portière vieille, édentée , hargneuse , bavarde , un de ces types si admirablement mis en reUef par notre Henri Monnier.
Il était nuit ; un homme assez âgé , vêtu de noir, descendait péniblement les hautes marches de l'escalier, étreignant avec force la bienheureuse corde à puits.
La portière , entendant un bruit inusité à cette heure, où tout dormait dans la maison, ouvrit brusquement le carreau de son antre, et y passa d'abord son vilain bras jaune armé d'une chandelle fétide , puis sa figure fâcheuse et renfrognée...
tt Qui descend là?... répondez donc... c'est des heures indues...
^ C'est moi, c'est moi... le docteur... t> dit une voix de basse-taille.
Ici, le cerbère quitta son ton aigre et criard pour une espèce de glapissement amical...
« Ah ! mon Dieu, c'est vous, monsieur le docteur; mais il fallait m' appeler pour éclairer... Eh bien ! comment va-t-il le vieux muet ? Il est dur à partir celui-là... en a-t-il encore pour longtemps ? — dcraanda-telle en se mettant devant le docteur, ahn d'obtenir une réponse, ou de se faire, comme on dit, passer sur le corps.