CHAPITRE IV
1, K I' Kl \ l)K VKRTU.
... la vpilii csl une chose sans prix...
M. l.K M»H(.iiis. — Vfitiilfiilli'.
Vup aiilie inlfiilioii que iiuiis pouvons tout uussi iais()iin.iblpnien( suppo.sci- au nolilc fondaltnir , c'est «•elle do convertir ces lioinines a.ssez niallieuieuv pour ne pas croire à la wrlu.
Discours tir M. le baron (liviKii.
Le 25 aoi'il '*^, par uti riant soleil qui inondait de clarté la belle coupole de la salle des réunions solennelles de l'Institut , l'élite de la société de Paris se pressait sur les hanqueltes , impatiente de voir lace à face les immortels, et d'ouïr qu(lqiie meime lecture de vers allégoriques , de poèmes didactiques ou de contes poliii([ues , qui devaien( tout doucettement conduire la patiente et henoile assemblée jus- (|u'au rapport de la commission chargée de décerner le prix de vertu fondé par AI. de Monfyon.
Et puis aussi on devait distribuer des palmes au\ lauréats, aux favoris d'Apollon... aux bien-aimés des Muses...
Or, pour la cent troisième fois, AI. ''^ , bienaimé d'Apollon et favori des .Muses , vint saluer mo-
570 ATAR-filLL.'
destement la foule endoi-inie et baiser le président , qui lui mit sur les oreilles une couronne de thène vert , en lui disant : ii Macte auhno. ^^
— Des larmes coulèrent de tous les yeux , et le lauréat se promit bien de ne pas rester en si beau chemin , de s'atteler ferme et fort , incessamment et toujours , au vermoulu char du dieu des vers, et de le traîner bon gré, mal gré, friand qu'était le p'oète de sa botte de lauriers académiques et de sa ration de louangeuses et classiques mélopées.
Après quoi , un murmure sourd et prolongé circula dans la salle ; chacun s'établit commodément pour entendre , le programme sur les genoux , les mains croisées et les yeux attentivement fixés sur le président qui se préparait à lire le rapport de la commission.
Bientôt le plus pi'ofond silence régna dans l'assemblée , et le président commença ainsi d'une voix lente, sonore et accentuée :
ce Messieurs ,
î) La commission chargée de l'examen des titres des concurrents qui se présentaient comme ayant droit au prix de vertu fondé par AI. de Alontyon , après s'être occupée de ces recherches avec religion et scrupule , a décidé à l'unanimité que le prix de dix mille francs serait accordé cette année au sieur Bernard-Augustin Atar-Gnll, nègre, né sur la côte d'Afrique, âgé de trente ans et quelques mois.
11 l.e résumé court et rapide de sa vie font en-