‹ Atar-GullChapitre 55 sur 59 · LK PRIX 1>K VERTU · texte numérisé non relu

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tière, consacrée ù son niaîli-e avpc un titnoupnient sans bornes, constatera, je l'espère, l'impartialité de la commission.

» Victime de la traite des noirs et de l'esclavage, Bernard-Augustin Atar-GuU fut transporté il y a environ cinq ans à la Jamaïque, et pourtant sa conduite sage, soumise, laborieuse, attira bientôt l'attention de son maître, qui lui donna toute sa confiance.

» Des malheurs imprévus et cruels vinrent tout à coup fondre sur le colon Tom W il , et peu à peu ce malheureux perdit sa femme, sa fdle , son gendre, son immense fortune , et fut forcé de ({uitter la Jamaïque, où de trop douloureux souvenirs l'cussejit mené au tombeau.

)) Eh bien î messieurs, au milieu de ces calamités, le colon eut l'inestimable bonheur de rencontrer un ami sur, dévoué, infatigable, ce fut Atar-Gull , qui trouvait toujours de nouvelles forces dans l'excès même de son dévouement.

y Ah ! messieurs , combien d'autres esclaves, à sa place , auraient joui en secret des peines qui venaient accabler celui qui les avait achetés, enlevés indirectement à leurs affections , à leurs pays. — Xon , non, messieurs ! Atar-Gull n'avait , lui, qu'une idée fixe... l'attachement et la reconnaissance qu'il devait à son maître , pour les bontés dont il l'avait comblé...

■n Va soit dit en passant , messieurs , de tels faits valent des volumes pour réfuter la logique de ces froids et cruels sceptiques qui meUenl encore en

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doute le fhneloppement de l'inlelligence des noirs , et qui , sous de spécieux et paradoxals prétextes , osent soutenir la nécessité, la légitimité de la traite, de cet infâme trafic.

D Mais revenons à Atar-dull , messieurs,

» Il aurait pu profiter de son acte d'affranchissement sollicité par son maître ; il ne le fit pas, et suivit le colon en ï]urope , en Angleterre , en France , ,à Paris , avec la même abnégation , le même dévouement.

» Mais c'est à Paris surtout qu'il faut suivre tous les développements de cet attachement si énergique dans son expression et si profond dans ses racines.

n Les modiques ressources du colon étaient épuisées ; le nègre passait des jours , des nuits à travailler, et de ce modique labeur il soutenait un vieillard infirme , que ses noml)reux malheurs avaient amené ù un état continuel d'irritation et de colère , bien excusable sans doute, mais enfin dont le pauvre uoiisupportait les effets sans se plaindre , sans le moindre murmure.

- Que vous dirai-je , messieurs? le malheureux colon , privé de la parole , perdit bientôt l'nsage d<' ses facultés, sa raison s'égara ; et, sauf quelques moments lucides , il vécut encore un an dans un état de démence complet.

p Enfin le colon succomba à tant de tourments et de chagrins amers.

î C'est ici, messieurs, qu'il faut voir jus((u'à (picl

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