‹ Atar-GullChapitre 8 sur 59 · LA VENTE · texte numérisé non relu

LA VENTE

chat en poche... venez par ici... vous les exaniincroz tout à votre aise. »

Ils s'approchèrent alors de l'enclos où l'on avait provisoirement renferme les noirs.

Hommes, l'eumies, enfants, étaient étendus à terre, les mains liées derrière le dos par une corde qui , leur entourant aussi les pieds de nœuds assez lâches ])our qu'ils puissent marcher, remontait encore faire le tour du col et se rattachait enfin au gros palmier qu'on leur faisait porter en route sur les épaules , par mesure de prudence.

Benoît examina ces noirs en fin connaisseur.

Il leur fit craquer leurs articulations pour juger de la souplesse des memhres , puis ouvrir la bouche afin de voir l'état des dents , du palais et des gencives ;

Elever et abaisser les paupières dans le but de s'assurer si le globe de l'œil était pur et limpide ;

Regarda la plante de leurs pieds pour être certain qu'il n'y avait aucune trace de chiques ou insectes malfaisants ipii déposent leurs œufs sous l'éj)iderme , et causent ainsi de violentes maladies... quclquclbis le tétanos... par exemple;

Leur frappa doucement le sternum et écouta si la poitrine résonnait bon creux ;

Leur mit le genou sur l'estomac , sans appuyer trop fort... (oh! non certes, le cher homme !j mais seidemcnt pour juger si, malgré cette pression , la respiration s'échappait facile et sonore...

Knfin il s'occupa encore longtcnq)s d'apprécier

Ô-2 ATAU-tiLI.I..

oii de déroiivrir imc foiilo de dcIVuits ou de qualUés qu'il nous est impossible d'cnunicrer ici.

Pendant ce long et consciencieux examen , que nous venons de décrire en partie , Benoît avait quel- (luelois souri d'un air de satisfaction : deux fois même, à la vue d'une belle et forte nature d'homme, il allongea ses lèvres en faisant entendre un léf^er sifllement admiratif; d'autres fois, au contraire, ses sourcils s'étaient contractés , et un énergique hum , hum , ou une forte inclinaison de la tôle sur la chi- \icule gauche avaient témoigné de son mécontentcmciit.

Pourtant , après quelques réflexions , employées sans doute à supporter les chances probables de son marché, il dit à \ an-Hop : u J'accepte, compère, et vous faites une affaire d'or...

— Penh. . . mais , capitaine , avant de partir, examinez donc un peu , je vous prie, ce gaillard que le chef Taroo m'a donné pour épingles. C'est un des plus beaux nègres que j'aie vendus de ma vie ; voyez, c'est fort comme un bison , grand comme une girafe ; mais, par exemple, il est si têtu, si têtu, qu'après l'avoir roué de coups pour l'engager à se servir de ses jambes , le roi Taroo a été réduit à le faire apporter ici conune un jeune taureau récalcitrant , tenez... plutôt... -

Va il lui montrait \\n nègre qu'on j)ouvait juger d'une haute et puissante stature, quoiqu il fût courbé en deux , ayant les pieds et les mains jointes attachées ensemble.

LA VKXTK. &;{

tt (l'osl , jo crois , coiilimia \'iin-Ho|) , \o rliof du Ki'aal onnrmi, un petit Xaniaquois ; il s'ontèlc, mais quinze jours do réjjinic du bord cl des colonies, il deviendra doux comme une gazelle, d

Taroo, qui les avait suivis, après s'être ingéré do glorieuses rasades d'oau-de-vio , s'approcha, et la vue de son ennemi rallumant sans doute sa colore et sa haine, il se mit à injurier et menacer bien grossièrement le petit .Vamaquois ; mais celui-ci formait les yeux avec une dignité stoïque , et ne répondait à ces invectives que par un chant triste et doux.

Ce sang-froid irrita fort lo chef Taroo , qui lança une pierre au malheureux noir ; mais comme elle ne l'atteignit pas, il allait sans doute rocom.moncer , lorsque Van-Hop le prit par le bras et lui dit ou bon namaquois :

a Doucement, doucement, grand chef, ce prisonnier est à moi maintenant, et vous allez me le détériorer... \e confondons pas, s'il vous plaît. »

Taroo continua ses cris et ses menaces, ces mois surfout : Atar-Gi i.i-, revenaient sans cesse au milieu do ses hurlements sauvages.

.. Que diable chanto-t-il là? — demanda Benoît.

— C'est son nom il s'appelle à ce (ju'il paraît

Atak-Cim,.

Drolo de nom ; lo premier petit chat qui naîtra do Moinnoitlli... c'est lo chat angora do ma femme, père \'an-Hop je l'appoUorai coinmonl dites-

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